Les caricatures du prophète Mahomet : un instrument de Washington pour diaboliser les musulmans

Un policier près de la voiture des suspects après la fusillade de Garland au Texas Source: Reuters
Un policier près de la voiture des suspects après la fusillade de Garland au Texas

Un concours de caricatures du prophète Mahomet s’est terminé par une fusillade à Garland, Texas; les deux assaillants ont été abattus. D’après l’analyste politique Eric Draitser, l’évènement, dès le départ, avait quelque chose de provoquant.

«Il y a eu des appels de différents groupes religieux et d’autres groupes communautaires qui avertissaient que ce type d’incidents pouvait être favorisé par un évènement de ce genre», a souligné Eric Draitser dans une intervention à l’antenne de RT International. Selon lui, la possibilité que le concours de caricatures soit perturbé n’avait pas échappé aux autorités.

L’analyste a ajouté que la liberté d’expression n’est qu’un prétexte et que l’évènement avait été organisé dans l’intention consciente de faire monter les tensions et de provoquer un conflit entre les musulmans américains d’une part, et les forces de droite chrétiennes et réactionnaires d’autre part. Mais pour les organisateurs de l’évènement, la fusillade illustre bien que la liberté d’expression doit être défendue.

La fusillade s’inscrit dans une série d’attaques qui a commencé par l'attentat meurtrier contre la rédaction de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo le 7 janvier dernier. Le même hebdomadaire, par ailleurs, avait subi un incendie criminel en novembre 2011.

S’en sont suivies les attaques de Copenhague en février dernier, avec une synagogue et une conférence-débat sur l’islamisme et la liberté d’expression dans le viseur des terroristes. La conférence se tenait en présence de Lars Vilks, dessinateur suédois célèbre pour ses caricatures du prophète.

Il est à noter que le mécontentement du monde musulman au sujet des caricatures était déjà perceptible en février 2006, lorsque des militants syriens ont perpétré une attaque contre les ambassades du Danemark et de la Suède à Damas dans une manifestation massive contre les insultes à Mahomet.

Tandis que les organisateurs d’évènements heurtant les sensibilités des musulmans continuent à s’abriter derrière la liberté d’expression, Eric Draitser estime qu’ils ont pour but de cultiver un sentiment islamophobe combiné au soutien à la politique étrangère belliqueuse et agressive de l’administration américaine au Moyen-Orient.

«Ils utilisent le prétexte de Charlie Hebdo, de la liberté d’expression et de toutes ces notions. En réalité, il s’agit d’un programme politique clairement cynique qui vise à diaboliser les musulmans, plus d'un milliard de personnes dans le monde», a expliqué l’analyste.

D’après lui, l’islamophobie et la peur du terrorisme justifient la politique de Washington menée au Moyen-Orient et dans le monde entier. «Washington veut que les Américains croient que l’Islam et les musulmans sont un ennemi pour que le public américain continue à soutenir la politique étrangère du gouvernement», a-t-il opiné.

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