Attaque impérialo-terroriste dans l’est de la Centrafrique pour l’uranium convoité par Paris : le président Touadéra a-t-il bien reçu le message de ses alliés néocolonialistes français ?

Le professeur Franklin Nathan Nyamsi, président de l’Institut de l’Afrique des Libertés, estime que l’attaque contre Am Dafok s’inscrit dans une tentative de déstabilisation de la Centrafrique liée aux intérêts miniers. Il accuse la France de soutenir cette stratégie et invite le président Touadéra à reconsidérer son rapprochement avec Paris.

Plus de 700 mercenaires de l’impérial-terrorisme ayant attaqué la province centrafricaine de la Vakaga le 30 juin 2026 ont fort heureusement été défaits par les Forces armées centrafricaines et leurs alliés de la Fédération de Russie. Am Dafok a été reprise par les FACA. La route de Bangui n’est pas ouverte aux vautours assoiffés de sang centrafricain qui se pressaient aux frontières soudanaises et tchadiennes. Le président Poutine sauve donc la mise à son allié centrafricain, dans une situation qui aurait clairement pu mal tourner pour son régime à Bangui. Saluons d’emblée la fidélité anti-impérialiste et anticolonialiste de l’amitié russo-africaine.

Cette attaque, selon les sources officielles russes, a été perpétrée sous la coordination d’officiers français, déterminés à reprendre la main au Tchad et en Centrafrique, pour faire pièce au marasme de leur présence catastrophique au Sahel. Tout naturellement, la France n’a pas aidé le gouvernement centrafricain à reprendre la ville d’Am Dafok des mains des terroristes qu’elle soutient. Le régime Macron aura une fois de plus brillé par sa plus grande qualité diplomatique : la duplicité des pompiers-pyromanes. La vieille puissance néocoloniale ne change pas sa manière inimitable de sévir.

Cependant, une seule question se pose et s’impose : le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a-t-il enfin compris qu’il ne peut rien tirer de son partenariat stratégique avec le régime Macron ? Ces dernières années, détricotant l’effort de démarcation anti-impérialiste que son régime avait fourni entre 2017 et 2023 contre le néocolonialisme français, le président Touadéra avait entrepris de refaire ami-ami avec l’ancienne tutelle coloniale de la Centrafrique à compter de l’année 2024. Une dépêche de l'AFP, en date du 16 mars 2026, relatait le rabibochage presque parfait des relations franco-centrafricaines avec beaucoup d’emphase : « Le chef de la diplomatie française en visite en Centrafrique. Jean-Noël Barrot a été reçu vendredi par le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. La visite marque le rétablissement des relations entre Paris et Bangui après la brouille entre les deux capitales. Ces dernières années, en effet, les responsables français étaient aux abonnés absents en RCA. »

« C’est la première fois depuis huit ans qu’un ministre des Affaires étrangères est présent à Bangui, et ma visite marque la restauration complète des relations, des liens entre nos deux pays et nos deux peuples après une phase de refroidissement, après une période de tension qui est brève à l’échelle de notre histoire commune, qui est ancrée dans des liens très forts entre nos deux peuples, une langue que nous avons en commun, des ressortissants binationaux nombreux et des diasporas très dynamiques », a déclaré Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères.

La reprise des relations diplomatiques entre les deux pays a été actée en 2024. La France revient donc progressivement dans ce pays d’Afrique centrale où l’influence russe est conséquente.

« Et ma visite de deux jours ici à Bangui m’a permis de constater à quel point cette feuille de route, qui est mise en œuvre depuis deux ans, produit déjà des effets considérables au bénéfice des Centrafricaines et des Centrafricains, et témoigne du fait que la France se tient aux côtés de la République centrafricaine au moment où elle reprend son destin en main, où le processus de paix et de stabilisation du pays se poursuit, et au moment où se développent tous les secteurs de l’économie », a déclaré Jean-Noël Barrot.

« De nombreuses entreprises étrangères exploitent les ressources minérales du pays. Le groupe français Orano détient une licence pour exploiter une mine d’uranium », conclut la dépêche de l’AFP.

Que s’est-il donc passé depuis lors pour que des agents subversifs français se retrouvent dans l’encadrement des groupes terroristes qui attaquent derechef la République centrafricaine ? La clé de cette réponse se trouve dans la volonté du gouvernement centrafricain de renégocier, à l’instar de ses homologues de l’Alliance des États du Sahel, tous les contrats d’exploitation minière datant de la suprématie néocoloniale de la France sur ses anciennes colonies africaines. Parce que le président Faustin-Archange Touadéra a manifesté la volonté de tirer un plus grand bénéfice de l’uranium centrafricain et, plus largement, de l’ensemble des richesses du sous-sol faramineux de la Centrafrique, la barbouzerie a décidé de le faire tomber coûte que coûte.

Quoi de nouveau sous le soleil, me direz-vous ? Et vous aurez sans doute raison. Seule l’attitude inconséquente du président centrafricain, qui croyait retrouver grâce aux yeux voraces de Paris, ne laisse pas de nous étonner. Et ce n’est pas faute d’avoir régulièrement averti le chef de l’État centrafricain du danger de vouloir gagner sur tous les tableaux, entre le néocolonialisme et l’anti-impérialisme, que nous nous désolons de voir aujourd’hui la Centrafrique toujours en proie à ses sempiternels démons : le néocolonialisme français et le larbinisme africain.