Des responsables sécuritaires israéliens de haut niveau ont récemment tenu une réunion consacrée à la question controversée d’une possible « émigration volontaire » des Palestiniens de la bande de Gaza, selon des informations rapportées par le quotidien Haaretz. Cette réunion, convoquée par le chef du Conseil national de sécurité, Shmuel Ben Ezra, aurait rassemblé des représentants de l’armée israélienne, du Shin Bet et du Mossad.
D’après plusieurs sources citées, les échanges ont porté sur des pistes visant à encourager le départ de Palestiniens de Gaza, malgré l’absence persistante de pays prêts à les accueillir. Les représentants du Mossad auraient d’ailleurs confirmé qu’aucun État n’avait manifesté de volonté d’ouvrir ses frontières à un tel flux de population, soulignant les limites concrètes d’un tel projet.
Les réelles intentions israéliennes ?
Du côté de l’appareil militaire et sécuritaire, plusieurs responsables se disent surpris par la relance de ce dossier, déjà évoqué à plusieurs reprises sans débouché opérationnel. Ils insistent sur la complexité d’une mise en œuvre, qui nécessiterait une coordination internationale particulièrement large, dans un contexte diplomatique déjà tendu. Certains évoquent même la possibilité que ces discussions s’inscrivent dans un ensemble de « compensations politiques » internes et externes liées aux équilibres régionaux.
Sur le plan politique, l’idée d’un départ massif des Palestiniens de Gaza n’est pas nouvelle. Elle est régulièrement évoquée dans certains cercles politiques israéliens depuis l’attaque du 7 octobre 2023. Plusieurs figures de la droite nationaliste, dont des ministres du gouvernement, ont déjà soutenu des approches allant dans ce sens, sous des formulations allant de l’« émigration volontaire » à des scénarios plus radicaux.
En 2025, le ministre de la Défense Israël Katz avait d’ailleurs mis en place une structure dédiée à cette question, alimentant les critiques internationales sur la nature réelle de ces initiatives. Parallèlement, des sondages indiquent qu’une partie significative de l’électorat du Likoud se montre favorable à l’idée d’un déplacement des populations palestiniennes.
Au sein même de la classe politique israélienne, certaines déclarations récentes ont ravivé la polémique. Un député du Likoud et vice-président de la Knesset, Nissim Vaturi, a ainsi tenu des propos appelant explicitement à l’expulsion des Palestiniens de Cisjordanie et à un redéploiement démographique dans les territoires occupés, des déclarations largement dénoncées à l’international.