Debaltsevo : l’armée ukrainienne se retire, les habitants quittent leurs abris (VIDEO)

Alors que les deux belligérants se préparent au retrait de l’artillerie lourde et à l’échange de prisonniers, les habitants de Debaltsevo, dernier point chaud du conflit ukrainien, ont pris leur courage à deux mains et ont remis le nez dehors.

Après que l'armée ukrainienne a sonné la retraite à Debaltsevo mercredi, les habitants terrorisés par des semaines de bombardements ont redécouvert les rues de leur ville défigurée lorsqu’ils ont commencé à sortir prudemment de leurs abris pour récupérer tout ce que les forces de Kiev ont laissé – effets personnels, nourriture, vêtements chauds…

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Les habitants qui, au premier abord, étaient peu disposés à parler aux journalistes, ont fini par exprimer leur amertume longuement réprimée.

«Nous voulons remercier notre chère  de nous avoir mis à la rue, d’avoir détruit notre maison», s’est exclamée une habitante sur les ruines d’un campement abandonné par Kiev.  «Nous avons vécu dans des sous-sols depuis l’été».

Un hôpital ravagé de Debaltsevo qui a servi de caserne à l’armée ukrainienne est devenu ensuite un abri pour plusieurs habitants qui sont restés sur leur terre au péril de leur vie.

«Comment une personne qui a travaillé toute sa vie peut-elle finir dans un sous-sol comme un rat? Je ne comprends pas comment j’ai pu me retrouver ici» dit une femme qui survivait dans le sous-sol de l’hôpital.

Les échanges de prisonniers entre  et les insurgés ont commencé aujourd’hui dans l’est de l’Ukraine dans le cadre des efforts qui se poursuivent pour mettre en œuvre l’accord de paix.

Debaltsevo est un centre ferroviaire qui relie les régions indépendantistes de Donetsk et Lougansk. La ville entière s’est transformée en champ de bataille en janvier, 3 000 soldats ukrainiens y ont été encerclés par les forces de la République autoproclamée de Donetsk, le cessez-le-feu ne s'y est pas fait ressentir.

Les représentants de Kiev et des républiques autoproclamées ont conclu un deuxième accord de paix sous les auspices de la Russie, la France et l’Allemagne le 12 février à Minsk, Biélorussie. La guerre civile, selon les dernières estimations de l’ONU, a fauché au moins 5 600 vies. Le désamorçage du conflit a commencé par le cessez-le-feu introduit il y a une semaine sur la ligne de front, il doit être suivi du retrait des armes lourdes et d’une profonde réforme constitutionnelle d’ici la fin de l’année.

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