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Images satellites de Boutcha : le Kremlin appelle à une enquête «approfondie»

Le New York Times affirme, dans une analyse d'images satellites, que les corps de civils étaient bien présents dans les rues de Boutcha lorsque l'armée russe était sur place. Moscou, qui dément toute exaction, appelle à une enquête «approfondie».

Interviewé sur LCI le 6 avril, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a appelé à une enquête sur les images satellites de la ville ukrainienne de Boutcha, diffusées par le New York Times deux jours plus tôt. Il a néanmoins démenti toute exaction commise par les forces russes en Ukraine. Depuis plusieurs jours, Moscou est accusé par Kiev et ses alliés occidentaux d'être responsable du meurtre de civils dans cette ville, ce que Moscou dément fermement, renvoyant à une «provocation brutale et cynique du régime de Kiev».

A la base des accusations des chancelleries occidentales : des vidéos diffusées après le retrait, fin mars, de l'armée russe de cette localité, montraient de nombreux corps jonchant les rues. L'AFP avait par exemple confirmé avoir vu le 2 avril les cadavres d'au moins vingt hommes portant des vêtements civils gisant dans une rue, et dont l'un avait les mains liées.

Le 3 avril, le ministère russe de la Défense s'était étonné du décalage entre le retrait des forces russes achevé le 30 mars et l'apparition quatre jours plus tard des «preuves de crimes». Moscou mettait également en avant une vidéo du maire de la ville, proclamant la libération de Boutcha le 31 mars, lors de laquelle il n'évoquait aucune exaction.

Le lendemain, le New York Times assurait, sur base d'une analyse d'images satellites, que les corps des civils étaient bel et bien présents dans les rues depuis au moins le 10 mars, alors que les forces russes étaient dans cette zone.

«Nous sommes catégoriques, ces images satellites doivent faire l'objet d'une enquête très approfondie», a commenté le porte-parole du Kremlin sur LCI.

Le parquet général russe a ouvert une enquête pour mettre en lumière ce qu'il s'est passé à Boutcha. Moscou réclame par ailleurs des «discussions internationales» sur le sujet.