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Lesbos, une île grecque en manque de cimetières suite à l’afflux de corps de migrants

Les corps de réfugiés ne cessent de s’amonceler, résultat du chavirage des bateaux qui essaient désespérément d’atteindre l’Europe, à tel point qu’ils ont rempli intégralement les cimetières de l’île grecque de Lesbos, selon son maire.

Les morgues, les cimetières et les services d’urgence ont été débordés par un grand nombre de migrants décédés en essayant de traverser la Méditerranée au mois d’octobre. Selon les dernières données de l’ONU, plus de 218 000 personnes sont arrivées dans l’UE le mois dernier, battant ainsi le record de toute l’année 2014.

Au total, quelque 744 000 migrants et réfugiés ont atteint l’Europe en 2015, parmi eux, au moins 3 300 ont perdu la vie lors de ce voyage.

Le maire Spyros Galinos a indiqué dans une interview avec les médias grecs que l’île a du mal à trouver de la place pour enterrer tous ses morts.

«Hier, cinq funérailles ont eu lieu mais il y a toujours 55 corps dans la morgue», a annoncé Galinos, cité par NBC News. «Qui aurait pu anticiper un tel carnage en mer Egée ?».

L’île de Lesbos, près des côtes turques, compte 86 000 habitants. Elle a été l’une des destinations principales des réfugiés et autres migrants essayant de fuir la violence et la pauvreté en Syrie ainsi que d’autres zones de conflit au Moyen-Orient et en Afrique.

Lundi, cette tragique situation s’est accentuée après la mort de 11 réfugiés, la pluparts étant des enfants, noyés en mer Égée lorsqu’ils essayaient d’atteindre Lesbos.

Quinze autres personnes, dont six enfants, sont décédés dimanche lorsque leur bateau a chaviré au large de l’île grecque de Samos.

Galinos a indiqué aux medias que les autorités ont mis en œuvre des procédures accélérées visant à créer un nouveau cimetière a proximité de l’ancien.

La situation sur l’île a aussi entraîné une protestation des ambulanciers contre la réduction du budget de l’Etat qui a réduit par trois le nombre de véhicules d’urgence, malgré le nombre croissant de réfugiés.

Le Premier ministre grec Alex Tsipras a à son tour critiqué l’inefficacité des politiques de l’UE concernant la mauvaise administration de la crise des migrants.

«Ce sont des larmes de crocodile, hypocrites, qui sont versées pour la mort d'enfants sur les rives de la mer Égée», a annoncé Tsipras au parlement grec la semaine dernière, dans des propos relayés par Reuters. «La mort d'enfants invite toujours au chagrin, mais qu'en est-il des enfants vivants qui arrivent par milliers et qui s'entassent dans les rues ? Eux, personne ne les aime».