Le bilan provisoire des législatives turques donne l’AKP d’Erdogan largement en tête

Les partisans de l'AKP, le parti au pouvoir, lors d'une réunion électorale à Ankara Source: Reuters
Les partisans de l'AKP, le parti au pouvoir, lors d'une réunion électorale à Ankara

Les Turcs choisissent aujourd’hui leur parlement puisque les législatives de juin dernier n’ont pas permis la formation d’un gouvernement. Le taux de participation devrait être élevé alors qu’actuellement les tensions sont importantes dans le pays.

  • Alors que les résultats provisoires des législatives turques démontrent la victoire du parti au pouvoir, les tensions montent dans le pays. Une voiture stationnée dans la ville turque de Nusaybin, près de la frontière syrienne, a explosé.

    L’origine de l’accident demeure inconnue pour l’instant. Quelques passants ont été blessés dans cette explosion, alors que les fenêtres des bâtiments avoisinants ont volé en éclats. Dans le même temps, un incendie s’est déclaré dans un complexe commercial, tout près du lieu de l’accident.

  • Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a qualifié les résultats provisoires des législatives de «victoire de notre démocratie et de notre peuple». Pour l’instant, l’AKP, le parti du président Recep Tayyip Erdogan, a réussi à amasser 49% des voix après le dépouillement de 97% des bulletins de vote.

    Dans le même temps, le parti pro-kurde HDP dépasserait le seuil de 10% ce qui lui garantirait de pouvoir siéger au sein du nouveau parlement turc.

  • Au moins deux milles partisans de l’AKP se sont réunis près du quartier-général du parti à Ankara dans l’attente du discours de victoire, annonce le journaliste du Gurardian Kareem Shaheen.

  • Des affrontements ont éclaté dimanche, après la fin des élections législatives, entre la police et de jeunes manifestants kurdes dans la ville de Diyarbakir au sud-est de la Turquie lors du dépouillement des bulletins de vote.

    La contestation visait les résultats provisoires de l’élection qui consacrent la très large victoire de l’AKP, le parti au pouvoir du président Recep Tayyip Erdogan, a fait savoir un photographe de l'AFP.

    «Nous ne voulons pas de paix, nous voulons la guerre», ont scandé des militants près du siège du parti pro-kurde HDP. Pour calmer la foule, les forces de l’ordre ont dû recourir à des canons à eau, ainsi qu’à l’utilisation de gaz lacrymogènes.

  • L’AKP, le parti au pouvoir en Turquie, semble être en tête au soir des élections législatives avec plus de 50% des voix après le dépouillement de 80% des bulletins de vote. Cela signifie que le parti serait en mesure d’améliorer nettement son résultat de l’élection du juin qui était de 40,8%.

    Le parti CHP aurait obtenu 23,2%, le MHP ne disposerait que de 11,4 contre 16,2% en juin dernier et le HDP, 10,4%.

  • Après le dépouillement de 67% des bulletins de vote, l’AKP aurait obtenu 51,3% des suffrages alors que le CHP en aurait recueilli 23,2%. Le MHP disposerait de 11,4% des voix et le HDP, 10,7%.

  • L’AKP, le parti au pouvoir en Turquie serait largement en tête des législatives avec 53,74% suffrages exprimés après le dépouillement de 45% des bulletins, selon les données de la commission centrale électorale.

    D'après les résultats provisoires, le parti AKP du président Recep Tayyip Erdogan, aurait recueilli la majorité absolue des voix et aurait donc la possibilité de former le gouvernement tout seul. Les 10% de voix nécessaires pour pouvoir siéger au parlement ont été atteint par le parti républicain du peuple (CHP) avec une estimation de 20,16% et par le Parti d’action nationaliste (MHP) qui aurait 11,11% de suffrages exprimés. Le parti pro-kurde HDP qui ne disposerait, à l’heure actuelle, que de 10,81% des voix, semble être en mesure de rester au parlement, après son résultat historique du mois de juin dernier.

  • Les bureaux de vote partout en Turquie ont fermé dimanche à 17 heures (locales). Les commissions électorales ont à leur tour commencé à décompter les suffrages. Les premiers résultats provisoires sont attendu aux alentours de 19 heures (locales).

    Près de 54 millions d’électeurs ont eu la possibilité de faire leur choix dans plus de 175 000 bureaux de vote. Ils devaient élire les 550 membres du parlement turc répartis au sein de 16 partis différents.

  • Dans la province de Sanliurfa, des affrontements ont éclaté entre Ali Arslan, chef de l’administration locale du parti pro-kurde HDP et un groupe de partisans du parti au pouvoir AKP, a indiqué l'agence de presse Dogan. On dénombre au moins six blessés, dont Ali Arslan. Des pierres et des bâtons ont été utilisés lors de la bagarre, deux voitures ont même été endommagées.

  • La police a recouru à l’utilisation de gaz lacrymogènes dans un bureau de vote dans la province turque de Kocaeli pour faire cesser des affrontements qui avaient éclaté entre partisans du Parti de la justice et du développement (AKP) et du Parti démocratique des peuples (HDP), rapporte le journal turc Hürriyet. Le refus des observateurs du parti AKP d’aider une femme de 80 ans à remplir son bulletin de vote, est à l’origine de cette grosse bagarre.

Lors des législatives de juin dernier, quatre partis avaient dépassé le seuil de 10% des voix alors que le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 13 ans, a perdu 9% par rapport à la législative précédente, perdant la majorité absolue dont il jouissait.

Des négociations complexes entre l’AKP et le Parti républicain du peuple (CHP) ont suivi mais en vain. Les critiques font porter la responsabilité de cet échec au président turc, Recep Tayyip Erdogan, lui reprochant d’être trop autoritaire et de ne pas vouloir partager le pouvoir.

«[Erdogan] souhaite un régime présidentiel en Turquie. Il n’a pas changé d’avis après la dernière élection. Je crois qu’il va l’imposer, en quelque sorte. Je crois que c’est la dernière étape avant la dictature complète en Turquie», a expliqué à RT Ceyda Karan, journaliste d’opposition, pour le journal Cumhuriyet.

La campagne a été entachée par deux attaques à la bombe imputées à l’organisation terroriste Daesh. Le premier attentat, qui a fait plus de 30 morts, a eu lieu en juillet dans la ville de Suruç, proche de la frontière syrienne, où des combattants kurdes se sont réunis pour traverser la frontière et se joindre à la lutte contre l’Etat islamique pour sauver la ville Kobané. L’autre attentat s’est produit en octobre et a tué quelque 100 activistes rassemblés pour une manifestation organisée par les syndicats et le parti pro-kurde (HDP) à Ankara. C’est l’acte terroriste le plus meurtrier de la Turquie moderne.

Le parti pro-kurde gagne du terrain

Le Parti démocratique des peuples (HDP), le parti pro-kurde, est l’étoile montante de la politique en Turquie. Il est composé d’un collectif de groupes défendant les droits des minorités telles que les femmes, les Kurdes, la communauté LGBT qui se sont réunis en 2012 sous la bannière de la modernisation radicale de la société turque. Les législatives de juin dernier lui ont permis, pour la première fois de son histoire, d’obtenir d’être représenté au parlement turc.

Leur message d’égalitarisme, d’écologie et d’anticapitalisme s’oppose directement à l’ordre du jour de l’AKP de Recep Tayyip Erdogan, le président. Ainsi, pour plusieurs turcs, voter pour le HDP signifie voter contre le parti au pouvoir, même s’ils ne partagent pas toutes les idées du parti.

«Ces accrochages profitent essentiellement au HDP et à [son président Selahattin] Demirtaş», a indiqué Pelin Batu, présentateur de la télévision turque, à RT, avant d’ajouter : «Les gens se disaient : nous assistons à un sale jeu politique. Et nous allons soutenir ce parti parce que, même si nous n’avions jamais envisagé jusqu’à présent de voter pour un parti kurde, c’est lui qui va empêcher l’avènement du nouveau régime parlementaire qu’Erdogan essaie de mettre en place».

D’après les sondages, la proportion de sièges que le HDP pourra obtenir, sur les 550 que contient le Parlement, restera faible avec 12% ou 13% des intentions de vote. Mais le parti cherche à attirer davantage d’électeurs à l’avenir, parce que les chances qu’a l’AKP de retrouver sa majorité absolue sont très minces, faisant planer le risque d’une nouvelle législative au cas où il serait à nouveau impossible de former un gouvernement.

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