Alors que Rome dégringole, Milan est-elle vouée à devenir la «capitale morale de l’Italie» ?

La cathédrale de Milan© Stefano Rellandini Source: Reuters
La cathédrale de Milan

C’est en tout cas l’avis de Raffaele Cantone, le président de l’Autorité nationale anticorruption italienne, dont les propos fustigeant la gestion de Rome ont relancé les rivalités entre la capitale et le cœur économique du pays, Milan.

Après les récents scandales de pots-de-vin et autres magouilles en provenance de la «ville éternelle», Raffaele Cantone a déclaré que celle-ci manquait de remèdes afin de s’attaquer à la corruption qui la gangrène. Il a par ailleurs craint que l’Année Sainte (décrétée par l’Eglise Catholique afin de fêter les 50 ans du Concile Vatican II), synonyme d’immenses festivités à Rome, ne constitue une occasion pour certains politiciens véreux de s’illustrer à nouveau. La conclusion du chargé de lutte contre la corruption était sans appel : c’est désormais Milan qui est la «capitale morale de l’Italie».

Ravivant la concurrence entre les villes, les propos ont fait couler de l’encre dans les journaux italiens. D’autant que, bénéficiant notamment des retombées de l’Exposition Universelle 2015, mais également de son renouveau architectural, où constructions modernes côtoient bâtiments anciens, Milan semble pour le moment sur un nuage. Le journal turinois La Stampa s’enthousiasme d'ailleurs des nombreuses industries et multinationales implantées sur son sol, affirmant que la ville est «peut-être la seule vraie métropole italienne… pas juste la capitale morale, mais la vraie capitale». Même le journal romain La Repubblica affirme que le voyage de Rome à Milan «semblait comme passer du noir et blanc à la couleur».

Le bilan milanais, particulièrement positif, contraste avec le climat de crise qui règne pour l’instant sur Rome. L’ancien maire de cette dernière, Ignazio Marino, a dû présenter sa démission le 12 octobre à cause du scandale rebaptisé «Dinnergate». Des révélations avaient montré que celui-ci avait réglé de nombreuses notes de frais avec la carte de la municipalité. Jeudi 29 octobre, il a finalement décidé de retirer sa démission, et donc de garder ses fonctions.

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