Economie

La Russie prévient la France d’une éventuelle pénurie de gaz en Ukraine

Le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, a fait part de ses préoccupations concernant une éventuelle crise du gaz en Ukraine cet hiver lors de sa rencontre, à Moscou, avec son homologue française Ségolène Royal.

Gazprom, le premier producteur de gaz russe, a procédé à de nouvelles livraisons de gaz à destination de l’Ukraine il y a quelques semaines, après avoir reçu un prépaiement de Kiev. Pour le moment, les autorités ukrainiennes se sont acquittées de 400 millions de dollars alors que les parties étaient tombées d’accord sur une somme de 500 millions pour les livraisons du mois d’octobre.

L’Union européenne (UE) a déjà alloué 500 millions de dollars à Naftogaz pour garantir la livraison de deux milliards de mètres cubes de gaz destinés au stockage en cuves pour l’hiver mais Gazprom est persuadé que cette quantité ne permettra pas d’approvisionner le pays tout au long de l’hiver.

La Russie essaye d’éviter qu’un crise du gaz semblable à celle qui eut lieu lors de l’hiver 2006. Il y a neuf ans, Moscou avait interrompu ses livraisons de gaz à l’Ukraine en raison d’impayés important de Kiev. Moscou a continué à vendre du gaz en Europe occidentale mais, étant donné que ce gaz transitait par l’Ukraine, avant d’atteindre l’UE, Moscou a accusé Kiev d’avoir prélevé du gaz destiné aux Européens, entraînant des perturbations dans l’approvisionnement de plusieurs pays européens clients de la Russie.

Il y a un mois, Moscou et Kiev ont trouvé un accord pour la reprise des livraisons de gaz. L’Ukraine a consenti à payer un prix réduit de 232 dollars pour 1 000 mètres cubes de gaz sur la période octobre 2015-mars 2016 alors qu’auparavant le prix s’élevait à 252 dollars pour 1 000 mètres cubes.

A l’issue de la rencontre, la ministre française a confirmé l’intérêt de la France pour la construction du gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne en passant sous la mer Baltique.