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Le Danemark offre 15 km de barbelés à la Lituanie pour renforcer sa frontière contre les migrants

Intransigeant sur les questions migratoires, le gouvernement social-démocrate danois a offert à la Lituanie des barbelés couverts de lames similaires à celles d’un rasoir afin d'édifier une clôture le long de sa frontière avec la Biélorussie.

Le gouvernement danois a fait don de 15 kilomètres de fils de fer barbelés à la Lituanie afin que celle-ci renforce sa frontière de 500 kilomètres avec la Biélorussie, dans le but de lutter contre l'arrivée de migrants sur son territoire. Comme le précise Le Monde, les barbelés envoyés par le Danemark seraient un modèle spécial couvert de lames similaires à celles d’un rasoir.

Le 28 septembre, le ministre danois de l’Immigration Mattias Tesfaye a rencontré de l'autre côté de la Baltique la ministre lituanienne de l’Intérieur, Agne Bilotaite, et a profité de ce déplacement pour inspecter la clôture frontalière. 

Un cadeau critiqué par par l'aile gauche de la majorité et par des ONG

Comme l'indique également Le Monde, Amnesty International a accusé le gouvernement danois de faire preuve d’un «déni de la réalité» face à la crise migratoire actuelle, tandis que le quotidien de gauche Politiken a dénoncé le cynisme pays scandinave, qui «envoie 15 km de barbelés», quand «les migrants pris au piège meurent dans la forêt».

Au sein de la majorité gouvernementale, la Liste de l’unité-les Rouges et Verts (gauche et écologiste) s’est dite «profondément consternée», tandis que le parti social-libéral a soutenu la démarche, comme l'a exprimé l'un de ses responsables, Andreas Steenberg : «Nous ne pouvons pas accueillir tous les gens du Moyen-Orient et d’Afrique qui veulent venir ici».

En début d'année, la Première ministre sociale-démocrate Mette Frederiksen avait énoncé un objectif de zéro demandes d'asile, déjà tombées à un niveau très faible – 851 entre le 1er janvier et le 31 juillet – dans un pays marqué par les tours de vis migratoires successifs depuis plus de 20 ans. «Nous devons nous assurer que peu de gens viennent dans notre pays, sinon notre cohésion sociale ne peut prévaloir», avait-elle plaidé à l'époque. D'après l'institut statistique national, 11% des 5,8 millions d'habitants du Danemark sont étrangers, dont 58% de citoyens venant de pays classés par Copenhague comme «non-occidentaux».

Le 3 juin dernier, le Danemark a par exemple adopté un projet de loi – à l'instigation de Mattias Tesfaye – selon lequel tout demandeur d'asile sera, une fois sa demande enregistrée et à quelques rares exceptions près (comme une maladie grave) envoyé dans un centre d'accueil en dehors de l'Union européenne.