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Budapest accuse l'UE de bloquer des fonds à cause de sa loi contre la promotion de l'homosexualité

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a accusé la Commission de bloquer des fonds du plan de relance destinés à Budapest en raison du désaccord de Bruxelles sur une loi hongroise visant à limiter les contenus pro-LGBT auprès des mineurs.

En Hongrie, le Premier ministre Viktor Orban a accusé le 17 septembre l'Union européenne de bloquer des fonds à cause d'une loi votée par Budapest. «Les fonds sont des prêts que Bruxelles ne veut pas nous accorder à cause du débat sur notre politique envers les LGBT+», a déclaré le dirigeant conservateur, dans une interview à la radio, selon des propos retranscrits par l'AFP.

Le Parlement hongrois a adopté en juin des amendements législatifs interdisant la promotion et la représentation de l'homosexualité et du changement de sexe auprès des moins de 18 ans. Le Premier ministre a annoncé ce 21 juillet la tenue prochaine d’un référendum sur le sujet dans le pays et demandé le soutien des électeurs sur la loi.

Si la date du scrutin n'est pas encore fixée, cinq questions demanderont aux Hongrois s'ils acceptent notamment que l'école «parle de sexualité à leurs enfants sans leur consentement», s'ils soutiennent «la promotion des traitements de changement de sexe pour les mineurs» ou encore la «présentation sans restriction devant les mineurs de contenu médiatique à caractère sexuel qui affecte leur développement». Le chef du gouvernement hongrois fera campagne pour que les Hongrois répondent «non» à toutes les questions. Ce texte, défendu par Viktor Orban comme étant un instrument de protection des enfants, a suscité de fortes tensions avec Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le qualifiant de «honte».

Bruxelles temporise, la Hongrie attend ses sept milliards de subventions

L'UE affirme pour sa part que son refus de valider le plan de relance n'a pas de lien avec la loi et pointe d'autres éléments, tels que la lutte insuffisante contre la corruption et le manque d'indépendance du système judiciaire.

Soumis à Bruxelles le 12 mai, le plan hongrois d'investissements et de réformes, qui permet à Budapest de prétendre à 7,2 milliards d'euros de subventions européennes, aurait dû faire l'objet d'une décision de la Commission le 12 juillet, au terme des deux mois d'examen prévus par la procédure. Mais la période d'examen a été prolongée jusqu'à fin septembre.

Un peu plus tôt dans la semaine, le gouvernement hongrois a levé 4,5 milliards d'euros sur les marchés financiers, un montant sans précédent sur un seul jour. Face aux «défis permanents» posés par l'UE, Viktor Orban a assuré que son pays avait une assise financière solide et «défendrait sa souveraineté».

Enfin, malgré les querelles, il a écarté une nouvelle fois l'idée d'une sortie de l'UE. «Nous serons parmi les derniers, si l'Union devait cesser d'exister», a déclaré le Premier ministre, soulignant «l'importance pour la Hongrie de l'accès au marché commun».