Pour contrer la menace d’un Brexit, trois ex-Premier ministres s'engagent fermement pour l'Europe

Trois ex-Premier ministre: John Major, Tony Blair, Gordon Brown Source: Reuters
Trois ex-Premier ministre: John Major, Tony Blair, Gordon Brown

Une grande campagne pour convaincre les Britanniques des bienfaits, notamment économiques, du maintien du pays au sein de l'UE a commencé le 12 octobre. Elle est soutenue par trois anciens Premier-ministres et un homme d'affaires influent.

Intitulée «Britain Stronger in Europe», l'opération est menée tambours battants par l'ancien président de Marks and Spencer, Stuart Rose, aujourd'hui élu conservateur de la Chambre haute du parlement britannique. Il est soutenu par trois ex-Premier ministres : le conservateur John Major, ainsi que les travaillistes Tony Blair et Gordon Brown. Des poids-lourds politiques qui tentent ainsi d'enrayer la montée de la tentation d'un Brexit du Royaume-Uni.

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«Je crois que nous sommes plus forts, plus riches et plus en sécurité dans l'Europe que nous ne le serions tout seuls», a déclaré l'homme d'affaires en préambule au lancement de cette grande campagne nationale en faveur du «in» («dans» l'Europe).

Selon les derniers sondages, la moitié des Britanniques serait tentée par la sécession et c’est pourquoi les pro-européens veulent démontrer que rester dans l'UE est avant tout un bon choix économique.

Ainsi, dans une vidéo diffusée sur YouTube, on peut voir des patrons, comme la PDG d'EasyJet, parler des bienfaits de l'Europe, mais aussi des artisans, des étudiants, etc.

Le lancement de cette campagne intervient quelques jours après celle des partisans de la sortie de l'Union européenne, les «out», menée par Ukip et intitulée «Leave.UE». Elle compte également des partisans dans les rangs des partis conservateur et travailliste.

Selon le quotidien britannique The Independenttrois des plus grands bailleurs de fonds politiques soutiennent les «out». Parmi eux, Peter Cruddas, John Mills et Stuart Wheeler. A eux trois, ils possèdent un patrimoine estimé à plus de 1,34 milliard d'euros et ils ont fait don de près de 4 millions d'euros à des causes politiques.

Outre la question de l'intérêt économique, Lord Rose veut tenter également avec cette opération de désamorcer la vision selon laquelle les pro-européens seraient antipatriotiques, comme le scandent les partisans de la sortie de l'Union, à l'instar de Ukip.

«Affirmer que pour la Grande-Bretagne la voie patriotique est de battre en retraite, de nous retirer et de regarder vers l'intérieur, c'est ne pas comprendre qui nous sommes en tant que nation», affirme ainsi l'élu conservateur, «je ne permettrai à personne de me dire que je suis moins anglais parce que je crois dans une Grande-Bretagne la plus forte possible pour l'économie, pour notre sécurité et pour notre société».

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Une position soutenue également par l'actuel Premier ministre David Cameron. Malgré les nombreuses récriminations qu’il a lancées contre Bruxelles lors de sa campagne pour les législatives de mai dernier, le chef du gouvernement britannique est aujourd'hui favorable au maintien du Royaume-Uni au sein des institutions européennes. Mais à la condition que Londres puisse obtenir plus d'autonomie au sein de l'Union. Sur cette question, l’avis des Britanniques sera normalement requis par référendum avant fin 2017.

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