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Diplomatie syrienne : Daesh n’a fait que s’étendre malgré l’intervention de la coalition américaine

Lors d’une conférence de presse à Moscou, l’ambassadeur de Syrie en Russie Riad Haddad a répondu aux questions des journalistes concernant l’engagement militaire russe en Syrie.

«Suite à la création d’une coalition dirigée par les Etats-Unis pour lutter contre Daesh, le territoire contrôlé par les terroristes n’a fait qu’augmenter», a souligné Riad Haddad jeudi à Moscou. Et d’ajouter que les frappes «imprécises» de la coalition ont endommagé plusieurs objets d’infrastructure syrienne, y compris des puits de pétrole.

Le diplomate syrien a ainsi vivement condamné l’intervention occidentale «inefficace» dans son pays, de même que les propositions du règlement de la crise politique avancées par les pays coalisés.

«Le gouvernement syrien s’est depuis le début prononcé pour un règlement politique (…), choisi par la Syrie et le peuple syrien. C’est finalement le peuple qui doit décider de son sort et établir comme priorité la lutte contre le terrorisme», a-t-il déclaré aux journalistes.

«Nous sommes contre une solution politique imposé à nous par ceux qui financent le terrorisme», a martelé l’ambassadeur.

Mais qu’ont visé les frappes russes ?

Interrogé à plusieurs reprises à propos des buts de l’aviation russe, sujet de nombreuses spéculations cette semaine, le diplomate syrien a répondu fermement qu’il s’agissait de positions des extrémistes.

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«Toutes les frappes russes sont concertées avec les autorités syriennes et ne visent que les positions de Daesh» a-t-il déclaré, en ajoutant que l’administration de Damas possédait des «plans précis des territoires contrôlés par les terroristes».

Toutefois, Riad Haddad a par la suite précisé que d'autres groupes extrémistes, dont Al-Qaïda avaient été ciblés.

«Al-Qaïda, c’est Daesh. Viser leurs positions est naturel et logique. Les frappes visent également d’autres groupes terroristes qui accordent leur soutien à Daesh.» a raconté l’ambassadeur, en soulignant que l’armée syrienne faisait face à plusieurs groupements terroristes, dont le Front Al-Nosra, Daesh et d’autres.

«Ils agissent tous dans les intérêts de Daesh et des autres organisations extrémistes», a noté Riad Haddad.

En remerciant le président Vladimir Poutine pour sa position, qui «promeut nos droits et les principes du droit international», le diplomate a hautement apprécié les actions des militaires russes en Syrie.

«Les interventions sous le commandement de nos amis russes sont d’une importance cruciale. (…) Dans la seule journée de jeudi, cinq positions de Daesh ont été détruites», a annoncé Riad Haddad aux journalistes.

La veille, une vive polémique a éclaté autour de la campagne de Moscou en Syrie, à peine entamée, contre Daesh. Dans la même ligne que les médias occidentaux, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a noté qu’il faudrait vérifier si les avions russes ont effectivement visé les terroristes de l’Etat islamique.

Ses allégations ont été fermement rejetés jeudi par le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, estimant qu’elles «ne sont en rien fondées».