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Le Parlement russe autorise Poutine à engager les forces armées en Syrie

La chambre haute du Parlement russe a voté à l'unanimité l'autorisation formelle accordée au président russe d’engager les forces armées en Syrie, pour lutter contre le terrorisme, a-t-on annoncé au Kremlin.

La requête de Vladimir Poutine a été faite après que son homologue syrien, Bachar el-Assad, s’est adressé à lui pour qu’il lui accorde une aide militaire. D’après le service de presse du président syrien, c’est dans une lettre que Bachar el-Assad a sollicité le président russe.

La Russie ainsi devient le seul pays qui effectuera cette opération sur une base légitime, c'est-à-dire, à la demande des autorités syriennes, a fait savoir le porte-parole du président russe Dmitri Peskov. L'autre cas permettant des opérations militaires relève d'une décision du Conseil de sécurité de l’ONU.

La Russie n’envisage pas d’opérations terrestres en Syrie et utilisera ses avions pour frapper les cibles terroristes à la demande du gouvernement syrien. «Le but militaire de l’opération est strictement de fournir un soutien aérien aux forces du gouvernement syrien dans sa lutte contre Daesh», a mis en relief Sergueï Ivanov, le chef de l'administration du président russe.

Entre autres raisons, la demande d'engager les forces armées a été soumise à cause du grand nombre supposé de citoyens de la Fédération qui ont rejoint les groupes terroristes en Syrie. Il y en a des milliers et la sécurité nationale sera menacée s’ils reviennent en Russie.

Concernant cette décision de la Russie, le porte-parole du président russe, a une nouvelle fois précisé : «Il s’agit de lutte contre le terrorisme. Le but de l’opération c’est la lutte contre le terrorisme et le soutien à la Syrie dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme», a-t-il déclaré en répondant à la question de savoir si des frappes contre l’opposition syrienne étaient possibles.

Pour le déploiement des forces armées pour effectuer  des opérations militaires à l'étranger,  un vote du Parlement est nécessaire, conformément à la constitution de la Fédération de Russie.

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La campagne de bombardement est limitée dans le temps, mais le délai n'est pas précisé. Il n’est pas autorisé à divulguer les détails de l’opération comme sa durée ou le nombre d’avions de combats engagés. Selon Sergueï Ivanov, tous les partenaires seront informés de la décision à travers les chaînes militaires spécialisées. Les frappes aériennes seront coordonnées depuis le centre conjoint de communications militaires basé en Irak et crée par Moscou, Damas, Bagdad et Téhéran.

Quelques jours avant que l’engagement des forces armées russes ne soit acté, le président Poutine a appelé la communauté internationale devant l’Assemblée générale de l’ONU à associer ses efforts pour lutter contre les terroristes en Syrie, cette coalition devant comprendre le gouvernement d’Assad. Les nations occidentales cherchent à déposer Assad depuis 2011, mais plusieurs nations clés comme l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont confirmé ne pas être opposés à la présence d’Assad pendant la période de transition durant laquelle Daesh continuera à être combattu.

Après sa rencontre avec le président américain Barack Obama, Vladimir Poutine a déjà annoncé que la Russie pensait à un moyen d’aider le pouvoir légitime en Syrie. Plus tôt, le Kremlin s’était dit prêt à envisager une expédition militaire si Damas en émettait demande.