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Des gardes-côtes grecs tirent en direction d'une embarcation de migrants en mer Egée

Tournée à 12 milles marins de l'île grecque de Kos, selon les autorités turques, une vidéo publiée par Ankara montre des gardes-côtes grecs prenant à partie une embarcation de migrants. Des images révélatrices d'une situation explosive ?

Plusieurs journalistes internationaux ont diffusé le 2 mars une vidéo sur Twitter qui émanerait des autorités turques. Celle-ci montre des gardes-côtes grecs prenant à partie une embarcation de migrants en provenance de Turquie.

«Un responsable du gouvernement turc a transmis cette vidéo, prétendument prise à 7h30, montrant des gardes-côtes grecs menaçant des migrants au large de Lesbos», a par exemple tweeté Borzou Daragahi, correspondant américain de The Independent.

Les images témoignent d'un usage délibéré de la force au cours duquel deux équipages mettent en difficulté un canot pneumatique chargé de migrants, notamment en effectuant des tirs de sommation en direction de l'embarcation de fortune, mais aussi en leur assénant plusieurs coups de perche. Alors que l'AFP explique ne pas avoir été en mesure d'authentifier la vidéo publiée par Ankara, celle-ci aurait été tournée «au large des côtes du district de Bodrum, en Turquie, qui n'est qu'à 12 milles de l'île grecque de Kos», comme le rapporte Le Parisien.

Macron exprime son soutien à la Grèce, remous à gauche

La Turquie a annoncé le 28 février l'ouverture de ses frontières avec l'Europe, poussant plusieurs dizaines de milliers de migrants à se déplacer vers la Grèce. Un phénomène qui a largement été commenté au sein des pays membres de l'Union européenne. Le chef de l’Etat français a par exemple souhaité exprimé sur Twitter la «pleine solidarité» de la France à l'égard de la Grèce et la Bulgarie, assurant que la France était «prête à contribuer aux efforts européens pour leur prêter une assistance rapide et protéger les frontières». Un discours loin d'être consensuel au sein du paysage politique français où les personnalités politiques pro-immigration ont dénoncé le manque d'humanisme que leur inspire la situation.

«Grèce et Bulgarie ferment leurs frontières, Macron les félicite, et ça s’appelle l’accueil bienveillant et humaniste des migrants !», a par exemple tweeté la sénatrice EELV du val-de-Marne Esther Benbassa. «Plus besoin des sous-traitants libyens pour couler les bateaux d’exilés, les gardes-côtes européens s’y essaient eux-mêmes. Prochaine étape : les avions de guerre contre les barques de la misère humaine ?», a pour sa part écrit Raphaël Glucksmann. «La vidéo des garde-côtes grecs est à mettre en relation avec ce tweet. Voici les efforts auxquels nous allons contribuer ?», poursuit-il dans un autre tweet.

Situation explosive aux portes de l'Europe

A la recherche d'un appui occidental dans le cadre de ses opérations militaires dans le nord-ouest de la Syrie, le chef d'Etat turc a fait savoir qu'il se réservait le droit de continuer à actionner le levier des flux migratoires vers l'Europe.

Le phénomène a d'ores et déjà donné lieu à des scènes impressionnantes à la frontière turco-grecque où des dizaines de milliers de migrants continuent d'affluer, en dépit des mesures musclées prises par Athènes. La situation est alarmante pour les chancelleries européennes qui redoutent un phénomène migratoire semblable à celui de 2015. Celui-ci avait notamment été facilité par la politique d'immigration de masse et d'accueil illimité de réfugiés alors promue par Angela Merkel, avec son lot de conséquences sociales, économiques et politiques en Allemagne et dans d'autres pays européens.