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Consommer du porno ne fait pas de nous de mauvaises personnes

D'après une étude menée par des chercheurs de la Western University, au Canada, la pornographie pourrait même être un «allié utile» des femmes dans leur combat pour l'égalité.

«Je ne veux pas vivre dans une société dans laquelle le gouvernement décide de réguler ou d'interdire des comportements ou une culture parce qu'il présume que c'est nocif. Je préfère que ça soit d'abord prouvé». C'est ainsi que s'exprime Taylor Kohut, chercheur postdoctoral qui a pris la tête de cette étude. D'après les conclusions de la recherche, les individus ayant consulté des contenus vidéos classés X adopteraient des attitudes plus positives à l'égard des femmes dans des positions de pouvoir. Ils se montreraient également moins négatifs sur les sujets de l'avortement et du travail des femmes que les personnes moins exposées à la pornographie.

Pour arriver à ces conclusions, l'équipe s'est basée sur une étude financée par le gouvernement américain sur 25 ans et qui a conduit 24 000 hommes et femmes à être questionnés sur une variété de sujets. Parmi cet échantillon, 23% environ des gens disaient regarder ou avoir regardé des contenus pornographiques. Cette enquête à grande échelle offre une vue globale très complète de l'évolution des comportements durant les trois dernières décennies et permet de tirer des conclusions sur l'influence de la culture moderne sur les attitudes des populations.

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Le professeur Christopher Ferguson enseigne la psychologie à l'Université Internationale A&M (Texas) et a supporté l'étude des Kohut. D'après le professeur, le nombre d'agressions masculines telles que les viols ou la violence domestique a baissé depuis l'arrivée d'Internet. «Je pense que si la pornographie devait ruiner la société, elle l'aurait fait il y a 20 ans... Et ça ne s'est pas produit», souligne-t-il. D'après Kohut, ces résultats s'expliquent aussi par la nature de l'audience des films X. Les amateurs seraient plus généralement des gens ouverts et à l'esprit libéral, tandis que alors que les non-amateurs seraient plutôt des individus conservateurs et/ou religieux.

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Les conclusions de l'étude ont été accueillies avec des réactions divergentes et parfois des critiques abruptes. Pour Gail Dines, une activiste anti-pornographie influente, «peut-être que certaines de ces personnes croient un peu plus en l'avortement, peut-être qu'ils sont plus ouverts au travail des femmes, mais les hommes sont de moins en moins intéressés par les relations sexuelles classiques avec de vrais femmes. Ce qu'ils veulent, c'est du porno dans la vraie vie». La militante féministe a aussi remis en question les données sur lesquelles se reposent l'étude de Kohut, arguant que la moyenne d'âge des cobayes étant de 45 ans, les conclusions n'étaient pas représentatives des comportements des adolescents et des jeunes adultes d'aujourd'hui, qui représentent une partie clé de l'audience des contenus classés X.

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