Crise migratoire, Grèce et futur de l’UE étaient au programme du discours de l'état de l'Union

Jean-Claude Juncker© Eric Vidal Source: Reuters
Jean-Claude Juncker

C'est devant le Parlement européen que Jean-Claude Juncker a prononcé son traditionnel «Discours sur l'état de l'union». A cette occasion, il a appelé à plus de solidarité et à plus d'union.

A Strasbourg, l'essentiel du discours du président de la Commission européenne s'est concentré sur la façon dont l'UE pourra répondre à la crise des réfugiés alors que des milliers de personnes fuient vers l'Europe à partir du Moyen-Orient et de l'Afrique. «Il est grand temps d'agir, de gérer la crise des réfugiés parce qu'il n'y a pas d'alternative» a ainsi averti Jean-Claude Junker.

Il a également rappelé que «le droit d’asile est fondamental en Europe» et que la façon qu'aura l'UE d'aborder la crise des réfugiés sera un moment décisif pour elle : «Nous devrions nous rappeler que l'Europe est un continent où presque tout le monde à un moment donné a été un réfugié».

Le président de la Commission européenne a notamment tâclé les pays de l’est de l’Europe, comme la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, qui rechignent à accueillir ces migrants ou posent des conditions tenant à leur religion : «Il n'y a pas de religion, de croyance, de philosophie quand il s'agit de réfugiés».

Comme mesure concrète, il a appelé les pays membres de l'Union européenne à mettre en place un système de quotas dès la semaine prochaine pour répartir les 160 000 réfugiés qui sont arrivés en Grèce, en Italie et en Hongrie. La Commission devrait proposer début 2016 un cadre légal de migration.

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Jean-Claude Junker a également assorti son discours d'un avertissement net : «L'Union européenne n'est pas dans un bon état. Il y a un manque d'Europe dans cette union et un manque d'union dans cette Union européenne. Nous devons changer cela, et maintenant». 

Selon lui, l’Union européenne sera confrontée à l'avenir à cinq défis : crise des réfugiés évidemment mais aussi crise de la croissance et de l’emploi, instabilité aux portes de l’UE, la crise climatique, et le risque d'un Brexit ou d'une sortie de l'Union européenne du Royaume-Uni.

Sur tous ces sujets, selon lui, «l’heure n’est donc pas au statu quo, mais à une action audacieuse et pragmatique, qui nous permettra de relever avec succès ces défis pressants et d’en sortir renforcés, dans un esprit européen de solidarité et de responsabilité». 

En ce qui concerne la saga grecque qui a tenu suspendues tout l'été les institutions européennes, Jean-Claude Juncker a demandé à la Grèce de respecter ce qui a été signé avec ses créanciers : «J'attends des Grecs qu'ils tiennent parole et respectent l'accord quel que soit le gouvernement qui gouverne», a-t-il déclaré à dix jours des élections législatives en Grèce.

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Il a également mis clairement en garde les Grecs si ces accords n'étaient pas respectés : «La réaction de l'Eurozone et de toute l'Union Européenne sera différente».

A noter qu'en plein discours, Gianluca Buonanno, député européen italien de la Ligue du Nord, s'est affiché dans l'hémicycle avec un masque d'Angela Merkel.

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