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Officiers tirant un homme noir avec une corde au Texas : le chef de la police s'excuse

Aux Etats-Unis, un afro-américain a été arrêté et convoyé par la police montée à l'aide d'une corde. Les clichés, mis en ligne sur les réseaux sociaux, ont provoqué un tollé, forçant le chef de la police à présenter ses excuses.

La scène a causé un vif émoi dans tous les Etats-Unis. Plusieurs photographies ont émergé sur les réseaux sociaux montrant deux agents de la police montée de Galveston, au Texas, escortant un homme afro-américain à l’aide de ce qui semble être une corde. Les internautes, choqués, ont fait le lien entre ces images et l’époque de l’esclavagisme aux Etats-Unis lorsque les lynchages étaient légion.

L’homme menotté, un Américain de 43 ans, Donald Nelly, avait été arrêté pour violation de propriété. Mais alors qu’il aurait dû être emmené au poste de police a bord d’un véhicule motorisé, il s’est retrouvé tiré par deux agents de la police montée. Le chef de la police de Galveston, Vernon Hale, a justifié cette situation, dans un communiqué publié sur Facebook le 5 août, arguant du fait que seuls les agents de cette unité étaient disponibles. Il a néanmoins reconnu «une mauvaise décision» prise par les agents. «Bien que cette technique consistant à utiliser des chevaux montés pour transporter une personne lors d'une arrestation soit considérée comme une pratique exemplaire dans certains cas, comme lors du contrôle des foules, cette pratique n'a pas été utilisée correctement», a-t-il ajouté.

Retour aux temps des Westerns... et de l'esclavage ?

Lors d’une conférence de presse précédant une réunion de la communauté afro-américaine organisée par la police le 6 août au soir, l'avocat des droits civiques Benjamin Crump (qui ne représente pas la famille de Donald Neely), a fermement critiqué le département de police. «Quand ils ont traîné Donald Neely sur la route avec des chevaux et une corde, c'était comme s'ils traînaient toute notre communauté sur la route […] Nous ne sommes plus en 1819 mais en 2019. Et cette image rappelle 1819, comme s'il s'agissait de chasseurs d'esclaves en fuite, et que Donald Neely était un esclave... avec un cheval et une corde amenés dans la rue», a-t-il précisé.

«Mes officiers n'avaient aucune intention malveillante au moment de l'arrestation, mais nous avons immédiatement modifié la politique afin d'empêcher l'utilisation de cette technique. Nous examinerons toute la formation et les procédures en place pour des méthodes plus appropriées», s’est défendu le chef de la police.

Donald Neely a passé 20 heures en prison selon CNN. D’après le média américain, l’homme est sans abri depuis environ sept ans et souffre d’un trouble bipolaire pour lequel il n’est pas traité. L’avocate de la famille Neely, Melissa Morris, a accusé la police d’avoir été au courant du passé de Donald Neely. «Je crois qu'ils l'ont emmené là-bas parce qu'ils savaient qui il était et où il était connu […] Je crois que le choix de la méthode de transport était de donner le ton à l'interrogatoire», a-t-elle déclaré à CNN.

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