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Washington veut sanctionner Moscou pour son soutien à Maduro

Individuelles ou sectorielles ? Washington réfléchit à quel type de sanctions appliquer contre la Russie pour son soutien au gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro.

Les Etats-Unis étudient actuellement la possibilité de sanctionner la Russie pour son soutien au président vénézuélien Nicolas Maduro mais hésitent sur la méthode à employer contre Moscou. C'est ce qu'a annoncé le 24 juillet, Elliott Abrams, un haut responsable américain chargé du Venezuela.

A l'occasion d'une conférence organisée par le cercle de réflexion Foundation for Defense of Democracies à Washington durant laquelle il a exposé sa stratégie pour faire pression sur le Venezuela, Elliott Abrams a promis une augmentation de la «pression sur Cuba» pour «ses actions au Venezuela» et a laissé planer la menace de sanctions contre la Russie pour la même raison.

L'envoyé spécial de Mike Pompeo au Venezuela a ainsi expliqué que, pour punir Moscou de son appui à Caracas, l'administration américaine réfléchissait «à quel genre de sanctions instaurer, individuelles ou sectorielles» avant d'entrer d'en dire un peu plus sur les intérêts économiques qui posent problème à Washington. «Il est saisissant de voir que d'un point de vue financier», les Russes «ne donnent plus d'argent au Venezuela», tout en lui «prenant de l'argent», a estimé l'émissaire américain sans expliquer concrètement à quoi il faisait référence. 

«Pour autant, ils aident à vendre leur pétrole d'une certaine manière, et c'est quelque chose que nous regardons de près», a ajouté Elliott Abrams. En effet, ce n'est pas un secret, pour contourner les sanctions américaines qui visent son industrie pétrolière, première source de revenus du pays, le Venezuela a demandé l'appui de la Russie et de la Chine.  

Washington, qui a imposé un embargo pétrolier à Caracas, a plusieurs fois appelé Moscou à cesser de soutenir Nicolas Maduro, une demande fermement rejetée par la Russie, qui accuse les Etats-Unis de vouloir mener un coup d'Etat au mépris du droit international et qui n'entend pas se faire dicter sa politique étrangère par Washington.

L'administration de Donald Trump ne cesse de durcir ses mesures punitives contre le Venezuela, encore plus depuis qu'elle a reconnu en janvier l'opposant Juan Guaido comme président par intérim du pays, provoquant une nouvelle crise d'ampleur.

«La pression va se poursuivre, nous aurons de nouvelles sanctions demain», a ajouté l'émissaire du département d'Etat américain pour le Venezuela Elliott Abrams, assurant que cette stratégie avait un «impact considérable» bien qu'elle n'ait pas permis à ce jour de pousser Nicolas Maduro à quitter le pouvoir.

Moscou ne cesse pour sa part de mettre en garde contre toute ingérence dans les tractations entre Nicolas Maduro et Juan Guaido. La diplomatie russe s'est en outre félicitée des pourparlers qui ont lieu actuellement à Oslo entre les représentants des deux parties vénézuéliennes rivales.

Meriem Laribi

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