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Italie : Salvini assiste à la fermeture du plus grand centre d'accueil de migrants d'Europe

Ce 8 juillet, Matteo Salvini a assisté à la fermeture du centre d’accueil de migrants de Mineo, dans l’est de la Sicile. Le ministre italien de l’Intérieur concrétise ainsi une promesse formulée en janvier dernier.

Le plus grand centre d'accueil de migrants d'Europe, situé à Mineo, près de Catane (est de la Sicile), a officiellement fermé ses portes ce 9 juillet en présence de son plus grand détracteur, le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini.

«Promesse tenue», s'était félicité l'homme fort du gouvernement italien une semaine auparavant, lorsque les derniers hôtes avaient été transférés du centre de Mineo vers une autre mégastructure en Calabre (sud-ouest de l’Italie). Le natif de Milan avait annoncé en janvier dernier son intention de vider le centre, «et tous les autres grands centres [du pays]», avant la fin de l'année 2019. Mineo avait connu un pic de fréquentation en juillet 2014 avec plus de 4 100 pensionnaires, avant de voir progressivement sa population diminuer. A l'arrivée de Matteo Salvini au ministère de l'Intérieur, en juin 2018, ils étaient 2 500.

Un centre d’accueil théâtre de multiples trafics

Le centre d’accueil a vu le jour sur une ancienne base militaire où étaient logées les familles des soldats américains en poste sur la base voisine de Sigonella. Son installation avait provoqué l'inquiétude des habitants de la région, notamment des plus démunis. Il a notamment été reproché aux étrangers de casser le marché des travailleurs journaliers au moment de la récolte des oranges, les migrants étant prêts à travailler sans être déclarés pour 10 à 20 euros par jour.

«La fermeture de Mineo est l'épilogue inexorable d'une grande illusion, dans une terre affamée d'emplois», décrit Nello Musumeci, président de droite de la région de Sicile.

Plusieurs enquêtes judiciaires sont en cours, impliquant notamment l'ancienne maire de la commune de Mineo et l'ancien directeur du centre. Parmi les faits qui leur sont reprochés, la corruption dans l'attribution de marchés, ou encore la création de faux badges visant à gonfler les chiffres (chaque migrant ayant droit à une somme journalière fixe versée par l'Etat).

En janvier, la police avait même démantelé une cellule mafieuse nigériane basée au cœur du centre, qui gérait un trafic de cocaïne et de marijuana ainsi qu'un réseau de prostitution. 

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