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La police thaïlandaise a «utilisé son imagination» pour reconstituer l’itinéraire du suspect

En raison de la défaillance de plusieurs caméras de surveillance sur l’itinéraire du suspect qui est à l’origine de l’explosion qui a traumatisé Bangkok le 17 août, la police thaïe a dû recourir à son imagination pour retrouver sa trace.

«Alors que l’attaquant était en train de s’échapper, les caméras de surveillance suivaient son déplacement. Mais parfois, sur les 20 caméras placées dans une rue, seules cinq étaient opérationnelles», a expliqué aux journaliste le chef de la police nationale thaïlandaise Somyot Poompanmoung.

«La séquence saute d’une caméra à l’autre et pour les parties où il n’y a pas d’images, la police a dû utiliser son imagination», a regretté le responsable, plus d’une semaine après l’attentat le plus meurtrier de l’histoire récente de la Thaïlande.

Le chef de la police a en outre souligné que les forces de l’ordre n’avaient pas les moyens d’obtenir des clichés corrects du visage du suspect, contrairement à ce que l’on peut voir dans la série américaine Les experts. «Avez-vous vu Les experts ? Nous ne disposons pas de leur technologie», a-t-il déclaré aux journalistes.

La version de l’administration métropolitaine de Bangkok est quelque peu différente car le conseiller du gouverneur de la ville a affirmé qu’une seule caméra était en panne le long de l’itinéraire du terroriste présumé. «Il n’y avait qu’une caméra défaillante sur le carrefour Rajaprasong, ce qui n’a pas pu constituer un obstacle pour l’enquête», a déclaré le conseiller dans les colonnes du Guardian.

La police et les autorités ont déjà fait plusieurs déclarations controversées concernant l’enquête sur l’attentat qui a visé le sanctuaire Erawan le 17 août, ainsi que sur les deux explosions qui ont secoué Bangkok le lendemain. Alors que l'administration métropolitaine de Bangkok soutenait que le suspect était toujours en Thaïlande, le porte-parole de la police avait, pour sa part, déclaré que l’attaquant aurait pu avoir quitté le pays.

Les Thaïlandais commencent à s’impatienter, car les habitants sont toujours choqués par l’attaque qui a tué 20 personnes et fait 120 blessés. Face aux «préoccupations du public concernant le déroulement de l’enquête», les dirigeants de l’armée du pays ont publié mardi une déclaration, soulignant que «beaucoup de progrès avaient été réalisés dans cette affaire», dont certains détails «ne peuvent pas être révélés, vu leur nature sensible et le fait qu’ils peuvent influencer l’enquête».

Jeudi dernier, le Premier ministre, Prayuth Chan-ocha, avait suggéré que les policiers thaïlandais s’inspirent de la série policière américaine Blue Blood. «Les enquêteurs de la police, surtout les chefs de la police, doivent voir cette série, ils pourront y puiser des idées pour leur enquête», a déclaré le dirigeant au Bangkok Post.