International

Pour le président israélien, le droit de son pays sur la Cisjordanie «ne fait l'objet d'aucun débat»

Lors d'une rencontre avec des colons, Reuven Rivlin, a réaffirmé le droit d'Israël à étendre ces colonies sur la Cisjordanie, tout en affirmant le devoir du pays de protéger les Palestiniens qui y vivent.

La dernière déclaration de Reuven Rivlin, le président israélien, ne risque pas d'atténuer les tensions entre Israël et ses voisins. Lundi, il a en effet estimé que son pays était «souverain» en Cisjordanie. Surtout, il a réaffirmé le «droit» de l'Etat hébreu à y construire et y développer des colonies. «Pour moi, notre droit sur cette terre ne fait l'objet d'aucun débat politique, c'est une donnée fondamentale du sionisme moderne», a-t-il affirmé lors d'une rencontre avec des colons. «Pour moi, s'implanter sur la terre d'Israël est une expression de ce droit, notre droit historique, notre droit national».

Avec cette phrase et l'emploi de l'expression «terre d'Israël», le président a réaffirmé, comme beaucoup au sein de la droite israélienne, que la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, était bien une partie de l'Etat hébreu. Un avis qui n'est pas partagé par la communauté internationale, pour qui la colonisation et la construction d'habitations dans ces territoires occupés est un frein à la paix et à la création d'un éventuel Etat palestinien.

Cette déclaration intervient alors que les tensions restent vives en Cisjordanie entre Palestiniens et Israéliens. Tensions qui ont atteint leur paroxysme avec la mort d'un bébé palestinien de 18 mois et de son père dans un incendie criminel. Un crime que Reuven Rivlin a une nouvelle fois dénoncé, estimant que la «souveraineté» d'Israël «sur cette terre signifie que nous sommes responsables de tous ceux qui vivent ici, et nous oblige à observer les codes moraux les plus stricts».

Cette déclaration étonne de la part d'un homme, certes membre du Likoud (la droite dure israélienne), mais qui s'était récemment déclaré favorable à l'octroi de la nationalité israélienne aux Palestiniens de Cisjordanie qui le désireraient. Il reste cependant un farouche opposant à l'idée d'un Etat palestinien.

Elu Président en 2014, il avait aussi dénoncé le «terrorisme juif», ce qui lui a valu des menaces de mort.