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Attentat de Bangkok : un suspect capté par des caméras de surveillance

Un suspect a été repéré, après l'attentat à la bombe qui a causé la mort de 22 personnes dans un quartier populaire de la capitale thaï. 24 heures après le drame, les conséquences de l'attaque touchent le pays entier.

C'est à l'aide des caméras de vidéo-surveillance disposées près des lieux de l'attentat que la police thaïlandaise est parvenue à identifier un «suspect». Il s'agirait d'un membre d'un «groupe opposé» au pouvoir militaire et qui serait «originaire du nord-est du pays», a annoncé le Premier ministre thaïlandais Prayut Chan-O-Cha. Le nord-est du royaume est le bastion du mouvement des Chemises rouges, des partisans de l'ancien gouvernement, déchu par un coup d'état militaire en mai 2014, après des mois de manifestations.

Les autorités ont qualifié l'attentat de «pire attaque jamais» commise en Thaïlande, ajoutant qu'il «ciblait directement des personnes innocentes». D'après le porte-parole de la police, Prawut Thavornsiri, «la bombe visait à tuer autant de personnes que possible, puisque le sanctuaire est bondé aux alentours de 18 heures -19 heures». Le bilan actuel indique que l'attaque a fait 22 morts et 123 blessés. D'après les autorités, les auteurs de l'attentat visaient les «étrangers» afin de «porter atteinte au tourisme», un pilier de l'économie du pays. «Ils veulent détruire nôtre économie, le tourisme. À partir de maintenant, nôtre économie va se dégrader», a ajouté le Premier ministre.

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Des étrangers faisaient en effet partie des victimes de l'attaque qui a frappé le quartier populaire et touristique de Ratchaprasong. Parmi les morts, on décompte au moins deux Malaisiens, un Singapourien, un Chinois, un Philippin et deux résidents de Hong Kong. Selon les autorités de Singapour et de Taïwan, plusieurs de leurs concitoyens feraient également partie des blessés.

L'identification d'un suspect permet au pouvoir militaire de cibler un groupe précis, malgré l'absence de revendication. La Thaïlande est en proie à un conflit qui embrase le Sud du pays depuis 2004. Zone interdite aux touristes, elle est le théâtre de combats entre l'armée et une guérilla locale, et a fait plus de 6 300 morts. Si les attentats sont fréquents, dans cette partie du pays, ils ne sont jamais aussi meurtriers. Pourtant, la guérilla n'est a priori pas concernée par l'attaque de Bangkok, qui reviendrait aux opposants des Chemises rouges.

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Attention, les images de cette vidéo peuvent choquer.

Une attaque contre l'économie thaïlandaise

Prédit par le Premier ministre et leader du pouvoir militaire, Prayut Chan-O-Cha, l'attaque du quartier de Ratchaprasong, où se trouvent des attractions touristiques et des centres commerciaux, risque de porter un coup au tourisme. Alors que l'économie du pays est en berne, le tourisme représente l'unique point fort, et permet de maintenir à flot le pays. En s'en prenant à la capitale, Bangkok, et en visant les étrangers, c'est à la survie économique de la Thaïlande que les auteurs de l'attentat se sont attaqués.

Première conséquence de l'attaque, le Baht, la monnaie thaï, s'est effondré à la bourse. La crainte des répercussions de l'attentat sur le tourisme a provoqué la chute de la devise à son plus bas niveau depuis six ans. La Bourse de Bangkok a perdu de la vitesse, affichant une baisse globale de 2%. Airports of Thaïland, notamment, dégringolait de 8,7%.

«La Thaïlande est vulnérable en ce moment car la croissance est faible […] et le tourisme ne se porte pas au mieux», d'après l'agence Bloomberg News, qui précise que l'attentat intervient «alors qu'on approche de la haute saison touristique». Selon l'agence, les répercussions pourraient être particulièrement néfastes pour le secteur du tourisme, qui représente 8,5% du PIB du pays.