Hongrie : la visite de Poutine à Budapest augure-t-elle d'un réchauffement avec l’Europe ? (VIDEO)

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le président russe Vladimir Poutine© Sergueï Gouneev Source: RIA NOVOSTI
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le président russe Vladimir Poutine

Vladimir Poutine a choisi la Hongrie pour sa première visite d’Etat dans l’UE depuis le début de la crise ukrainienne en 2014. Les questions énergétiques, qui domineront certainement l’ordre du jour, donne au dirigeant russe un atout dans sa manche.

La visite du président russe en Hongrie laisse les responsables de l’Union européenne (UE) à Bruxelles deviner quels seront les accords conclus à Budapest. Vladimir Poutine rend visite au Premier ministre Viktor Orban au moment où une confrontation sans précédent oppose le monde occidental et la Russie à cause du conflit qui ravage l’Ukraine.

Hier, l’UE a instauré des sanctions supplémentaires contre la Russie, élargissant sa liste noire de 19 personnes physiques et de neuf entités juridiques. Au total, elle compte dorénavant 151 citoyens russes et indépendantistes ukrainiens et 37 sociétés russes.

Auteur: RT

Le service de presse du Kremlin a déclaré que les pourparlers entre les dirigeants russe et hongrois allaient se concentrer sur les relations bilatérales économiques et commerciales, en particulier sur le contrat nucléaire signé en décembre dernier : pour 10 milliards d’euros, l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique Rosatom va construire une installation supplémentaire de 2 000 mégawatts pour la centrale nucléaire d’Etat hongroise MVM Paksi Atomeromu.

Hormis les 28 pays membres de l’UE, la Russie est le principal partenaire commercial de la Hongrie. Cette dernière y a exporté pour près de trois milliards d’euros en 2013 alors que de son côté, Budapest dépend fortement de l’énergie russe, à 80% pour le pétrole et 70% pour le gaz qu’elle consomme.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a été vivement critiqué par l’Occident à cause de sa coopération économique intense avec la Russie. Ce dernier a, pour sa part, reproché à l’UE de s'aliéner la Russie et d’entamer avec elle une guerre commerciale qui lui sera douloureuse.

A la veille de la visite de la chancelière allemande Angela Merkel à Budapest, près de 3 000 personnes se sont rassemblées devant le parlement hongrois en agitant des drapeaux de la Hongrie et de l’Union Européenne pour demander la démission d’Orban. Même s’ils ne représentaient qu’environ 0,17% des habitants de la capitale hongroise, le Premier ministre a été contraint d’expliquer à ses partenaires de l’UE et au peuple hongrois que ses politiques étaient justifiées sur le plan économique.

En savoir plus : Budapest : des milliers protestent contre la politique du Premier ministre

«Nous ne voulons pas nous rapprocher de qui que ce soit et nous n’avons pas l’intention de nous éloigner de quiconque», a déclaré Viktor Orban en novembre 2014. «Nous ne poursuivons pas une politique pro-russe, mais une politique pro-hongroise», a-t-il ajouté en défendant le développement de l'unique centrale nucléaire hongroise et en expliquant que ce sont «les seules mesures possibles» pour diminuer la dépendance énergétique du pays.

Au sein de l’UE, les critiques tendent à accuser le Premier ministre hongrois de tendances autoritaires en raison des réformes qu’il a introduites pour conférer plus de pouvoirs au gouvernement central et exercer davantage de pression sur les grandes entreprises, les banques, les médias et d’autres centres de pouvoir.

Viktor Orban est aussi célèbre pour son scepticisme à l’égard de nombreuses politiques de l’UE, en particulier l’alignement de Bruxelles sur les Etats-Unis concernant les sanctions contre la Russie, une politique qui a des répercussions négatives sur des économies européennes en difficulté.

Malgré tous ces problèmes, le Fidesz – le parti présidé par Viktor Orban –  a remporté une victoire écrasante lors des élections générales de l’année dernière, recueillant pratiquement 45% des voix et permettant à son président d’exercer un troisième mandat de Premier ministre.

Les partisans du Premier ministre considèrent que son action vise à défendre les intérêts nationaux de la Hongrie contre ceux des sociétés multinationales et des gouvernements étrangers. Parmi les plus grandes réussites du gouvernement d’Orban, il convient de mentionner la loi qui a forcé la conversion en forints d’hypothèques libellées en francs suisses. Une loi qui a permis de sauver les emprunteurs hongrois après que la Suisse a décidé de ne plus garantir de taux plancher entre le franc et l’euro, entraînant une appréciation instantanée du franc de 20%.

La Hongrie était partisane du projet de gazoduc South Stream, garantie de son approvisionnement énergétique, qui aurait dû traverser son territoire avant d’atteindre l’Autriche. Quand la Russie a dû annoncer fin 2014 qu’elle interrompait le projet à cause de la position restrictive de l’UE, cela fut un véritable coup dur pour Budapest.

Mais aujourd’hui, après l’annonce du projet Turkish Stream, le président russe pourrait bien arriver à Budapest avec une nouvelle offre de gazoduc à laquelle il sera difficile de résister. En janvier, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto avait déclaré que la Hongrie attendait avec impatience que le gaz naturel russe soit livré via la Turquie par un nouveau gazoduc.

Selon le quotidien China Daily, Peter Szijjarto a déclaré durant une visite en Turquie qu’il voulait «commencer à négocier aussi vite que possible» une fois que la Turquie aura conclu son marché gazier avec la Russie. Nous voulons commencer à négocier le transport sur la façon d’acheminer certaines quantités de ce gaz en Europe centrale à travers la Turquie.

La Hongrie est déjà en tractations avec la Serbie et la Macédoine sur le tracé d’une nouvelle route de distribution de gaz reliant la Turquie à la Hongrie par un gazoduc traversant la Grèce, la Macédoine et la Serbie.

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