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Belgrade-PSG : les supporters serbes taclent une France «qui n'existe plus»

Une banderole opposant la France de l'époque de la Grande guerre (1914-1918) à la France actuelle «qui n'existe plus» a été déployée par les supporters serbes du club Étoile rouge lors d'une rencontre avec le PSG à Belgrade.

Les supporters serbes ont la mémoire longue... et la rancune tenace. Quelques instants avant le coup d'envoi du match entre l'Étoile rouge de Belgrade et le PSG au stade Marakana de Belgrade, le 11 décembre, une étrange banderole écrite en français a fait son apparition du côté des tribunes serbes. 

«Merci (1914-1918) à la France à laquelle nous avons juré et que nous avons mentionnée dans nos prières mais qui n'existe plus», pouvait-on lire dans un texte déployé sur trois rangées.

Une référence explicite au couac ayant failli dégénérer en incident diplomatique entre la Serbie et la France au cours des commémorations des 100 ans de l'armistice de la Première Guerre mondiale en novembre dernier à Paris. 

Après la cérémonie officielle du 11 novembre, le président serbe Aleksandar Vucic avait ouvertement fustigé la France pour ne pas l'avoir placé dans la tribune principale en compagnie d'Emmanuel Macron, d'Angela Merkel, de Donald Trump ou de Vladimir Poutine, entre autres. Le chef d'Etat s'était retrouvé isolé dans une tribune secondaire, située en face de la principale. Un traitement indigne, selon lui, eu égard au lourd tribut payé par son pays au cours du conflit. 

La Serbie est en effet généralement considérée par les historiens comme la nation ayant enregistré le plus grand nombre de pertes en proportion de la population pendant la Première Guerre mondiale : les trois quarts des soldats serbes ont été tués ou blessés.

Autre grief adressé à la France par le chef d'Etat serbe, la présence au plus près d'Emmanuel Macron, en tribune principale, d'Hashim Thaçi, président du Kosovo, un Etat né d'une guerre meurtrière entre rebelles indépendantistes kosovars albanais et forces serbes et qui n'existe officiellement que depuis 2008. Un Etat qui n'a donc pas pu participer en tant qu'entité diplomatique à ce conflit. 

La diplomatie française avait tenté de désamorcer la crise, l'ambassadeur de France en Serbie ayant notamment exprimé ses «regrets» auprès du gouvernement serbe. Une visite officielle d'Emmanuel Macron devait parachever ce travail d’apaisement des relations le 5 décembre... mais elle a finalement dû être reportée en raison de l’amplification d'une autre crise, celle des Gilets jaunes.

Les supporters serbes ont ainsi tenu à rappeler qu'ils n'avaient pas oublié l'affront fait à leur pays. Quant au PSG, il s'est imposé 4 buts à 1 contre le club de Belgrade. 

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