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Après quatre ans d’attente, les Haïtiens rechignent à élire leur députés

Aujourd’hui se tient à Haïti le premier tour des élections législatives depuis l'arrivée du président Michel Martelly en mai 2011. Quelque 5,8 millions d’électeurs sont appelés aux urnes mais suite mais pour diverses raisons l’abstention est massive.

Craignant des violences, la police nationale a mobilisé plus de 7 000 de ses agents à travers le pays car lors de la campagne électorale qui a commencé le 8 juillet, cinq personnes ont été tuées dans des affrontements entre partisans. Mais malgré cela, quatre heures après l’ouverture du scrutin, un bureau de vote a été saccagée par des individus toujours non identifiés à Port-au-Prince, la capitale.

A Haïti, ces élections législatives auraient dû avoir lieu il y a quatre ans. Mais face à la forte corruption et compte tenu de la crise profonde qui oppose le président au pouvoir et l’opposition, elles ont été maintes fois retardées. En dépit de l’importance de cette journée électorale, la majorité des bureaux de vote étaient toujours fermés dans la capitale une heure après l’ouverture officielle du scrutin.

Le porte-parole du conseil électoral provisoire (CEP) Richardson Dumel s'est cependant déclaré optimiste. «Nous constatons ces ouvertures tardives, causées surtout par le retard avec lequel le personnel affecté aux bureaux de vote arrive mais nous allons rattraper ce retard au cours de la journée», a-t-il expliqué.

Reste que les Haïtiens ne se précipitent pas sur les urnes car ils ne croient pas que leur vote changera quoi que ce soit à l’avenir du pays. D’après les premières estimations, seuls 15% des citoyens avaient l’intention d’aller voter.

Selon les données officielles plus de 1 800 candidats sont en lice pour les 139 postes de parlementaires. Le taux d’analphabétisme est très élevé dans le pays et touche près de la moitié de la population. C’est pour cette raison qu’à côté de la photo des candidats, en plus de son parti, on trouve en outre ses noms et prénoms, ainsi qu’un numéro, ce qui rend les listes électorales particulièrement complexes et surtout indigestes à lire. Du coup, les gens qui ont du mal à comprendre préfèrent s’abstenir.

De plus, la majorité des citoyens affirment qu’ils ne savent rien sur les candidats en lice.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Michel Martelly, le pays ne s’est pas beaucoup développé. Il dépend toujours énormément des investissements extérieurs. Haïti reste encore l’un des pays les plus pauvres du monde avec un PIB annuel de 852 dollars par habitant. La totalité des hydrocarbures consommés dans l’île sont importés du Vénézuéla, de même que produits alimentaires, malgré le fort potentiel du secteur agricole haïtien.