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«Racisme et manque de respect» : le footballeur Özil quitte la Mannschaft, la Turquie applaudit

Visé par de nombreuses critiques depuis l'élimination au premier tour du Mondial 2018 de l'équipe allemande de football, Mesut Ozil a annoncé qu'il quittait la Mannschaft. Des ministres turcs ont salué ce «beau but contre le virus du fascisme».

Plusieurs ministres turcs ont salué la décision prise le 22 juillet, par le joueur de football allemand d'origine turque Mesut Ozil, de quitter la sélection d'Allemagne. «Je félicite Mesut Ozil qui, en quittant l'équipe nationale d'Allemagne, a marqué le plus beau but contre le virus du fascisme», a par exemple tweeté le ministre turc de la Justice Abdulhamit Gul. Son homologue des Sports Mehmet Kasapoglu a, lui, déclaré sur Twitter soutenir «pleinement la position honorable [du] frère Mesut Ozil», partageant une photographie de l'athlète avec le président turc Recep Tayyip Erdogan prise en mai. 

Le footballeur a décidé de quitter l'équipe nationale allemande, alors qu'il est sous le feu de virulentes critiques depuis l'élimination de la Mannschaft de la Coupe du monde lors des phases de poule.

Je ne jouerai plus pour l'Allemagne de matchs internationaux aussi longtemps que je ressens du racisme et du manque de respect à mon égard

C'est dans une série de trois tweets postés le 22 juillet que le milieu de terrain offensif allemand a expliqué son choix. Il a notamment fait valoir, dans le dernier de ses trois tweets, le racisme qui imprègne les critiques le visant : «Je ne jouerai plus pour l'Allemagne de matchs internationaux aussi longtemps que je ressens du racisme et du manque de respect à mon égard».

Le joueur d'Arsenal a en outre dénoncé l'absence de soutien de la Fédération allemande de football (DFB) : «Lors de ces deux derniers mois, ce qui m'a le plus peiné est le mauvais traitement que m'a infligé la DFB et son président Richard Grindel».

Dans le premier tweet de la série, l'international allemand a également souhaité revenir sur la polémique provoquée par la diffusion d'une photo, dans laquelle il apparaît au côté du président turc, Recep Tayyip Erdogan, mi-mai : «Je conçois que cette photo de nous ait engendré une réponse de taille de la part des médias allemands [...] la photo ne visait aucun objectif politique.» Le joueur d'Arsenal a notamment affirmé que la presse allemande tentait de monter la nation contre lui.

J'ai deux cœurs, un allemand et un turc

Par ailleurs, le joueur allemand d'origine turque a tenu à revendiquer ses racines : «Comme beaucoup de gens, mes racines ancestrales recouvrent plus qu'un seul pays. J'ai certes grandi en Allemagne, mais mon histoire familiale a ses racines solidement basées en Turquie. J'ai deux cœurs, un allemand et un turc.»

Mesut Ozil a fait ce choix dans un contexte diplomatique tendu entre Berlin et la Ankara, depuis le coup d'Etat manqué contre le président turc en juillet 2016.

Alors que plusieurs Etats européens lui avaient refusé de faire campagne chez eux, Recep Tayyip Erdogan incitait, en mai 2018, la diaspora turque à s'engager dans la politique de leur pays.

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