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Indignation mondiale parmi les journalistes après la mort d'un reporter palestinien, tué par Tsahal

Gaza, Rafah, Ramallah, Bethléem mais aussi New York : nombre de journalistes ont exprimé leur colère après la mort du reporter palestinien Yasser Mourtaja, tué alors qu’il portait un gilet presse et couvrait le rassemblement la «Marche du retour».

Les protestations contre la mort du jeune journaliste palestinien Yasser Mourtaja, tué par un tir de l'armée israélienne le 6 avril lors de la «Marche du retour» palestinienne, prennent une résonance mondiale. Le 7 avril à Ramallah à l’appel d’un syndicat de journalistes palestiniens, le 8 avril à Rafah et Bethléem, le 9 avril à New York, des reporters sont venus rendre hommage à leur confrère.

Banderoles, bougies, affiches ont été déployées pour rendre hommage au journaliste de trente ans tué dans l’exercice de ses fonctions alors qu’il arborait un gilet presse qui le rendait parfaitement identifiable en tant que représentant des médias.

L’ONG internationale Reporters sans frontières (RSF) a condamné ce 7 avril «les tirs délibérés de l’armée israélienne contre des journalistes» et a demandé une enquête indépendante. «Le photoreporter Yasser Mourtaja portait un gilet “Presse” : il a manifestement été victime d’un tir intentionnel», a estimé  Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF, sur son compte Twitter.

Journalistes français et britanniques rendent hommage à leur confrère

En France, de nombreux journalistes, tels que Jean-Baptiste Montvalon, collaborateur du Monde, Rosa Moussaoui de L'Humanité ou Aïda Touihri de CNews, ont rendu hommage à leur confrère sur Twitter.

Les journalistes britanniques ont également exprimé leur tristesse, comme Richard Colebourn, rédacteur en chef à la BBC ou Liam O'Hare, reporter pour The Guardian ou The Independant

Des milliers de personnes aux funérailles de Yasser Mourtaja

Des milliers de personnes s'étaient rendues aux funérailles du jeune reporter à Gaza le 7 avril. 

Le journaliste, qui officiait pour l'agence Ain Media, été mortellement touché à l’abdomen par une balle israélienne alors qu'il couvrait pacifiquement la «Marche du retour». Ce mouvement de protestation prévoit des rassemblements et campements durant six semaines à la frontière entre Gaza et Isrël, pour réclamer «le droit au retour» de quelque 700 000 Palestiniens, chassés de leurs terres ou ayant fui lors de la guerre qui a suivi la création d'Israël le 14 mai 1948.

Des vidéos l'ont montré au moment de son évacuation, vêtu de son gilet où s'étale le mot «PRESS» en larges lettres blanches. Alors qu'il gît sur la civière, un homme tente de juguler l'hémorragie de son ventre.

Outre la mort de Yasser Mourtaja, huit autres Palestiniens ont été tués le 6 avril, et cinq journalistes ont été blessés. L'armée israélienne a fait savoir dans un communiqué qu’elle n’avait pas intentionnellement visé les journalistes et a annoncé procéder à une enquête.  

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