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Une prestation de pole dance lors d'un salon déclenche une polémique au Royaume-Uni (IMAGES)

A l'occasion d'une conférence organisée par les acteurs du milieu du jeu de hasard, l'une des entreprises présentes a offert aux visiteurs un spectacle de pole dance. Une performance qui a été jugée dégradante et qui a fait réagir jusqu'aux députés.

L'ICE Totally Game est une conférence dédiée aux jeux de hasard et d'argent qui se tenait à Londres le week-end des 10 et 11 février. Jusque là, rien que de très banal. Mais un détail a déclenché une polémique outre-Manche : devant un public très majoritairement masculin, des danseuses sibériennes ont été mobilisées pour effectuer quelques démonstrations de pole dance, cette dance acrobatique réalisée autour d'une barre verticale, tout en arborant des tenues légères, comme en attestent plusieurs images diffusées sur les réseaux sociaux.

Offerte par la société Endorphina, qui tenait un stand à l'occasion de cette conférence, la prestation des jeunes femmes était certes présentée comme devant rendre le week-end des visiteurs venus sur place «inoubliable». «Nous avons hâte d'épicer un peu l'atmosphère», annonçait Endorphinia sur son site internet.

Mais la prestation des jeunes femmes n'a pas reçu un accueil favorable de la part de la Commission du jeu de hasard du Royaume-Uni (UK Gambling Commission), une organisation influente dans ce secteur. S'exprimant la veille du spectacle, sa représentante, Sarah Harrison, avait été jusqu'à évoquer un éventuel boycott d'un événement lors duquel «on n'attendrait rien d'autre des femmes que de porter des maillots de bain». Elle a déploré qu'un tel spectacle de pole dance se tienne «au XXIe siècle, alors que les femmes et les hommes occupent aussi bien les uns que les autres des postes décisionnels ou stratégiques dans le milieu des affaires».

Dans la foulée, le débat est devenu politique. Plusieurs députés ont pris position en faveur d'une plus grande moralisation non pas des jeux de hasards mais du comportement jugé machiste de leurs adeptes. Le parlementaire du Labour (classé au centre-gauche) Jess Phillips, membre de la commission pour l'Egalité hommes-femmes, a ainsi estimé qu'il était temps que les entreprises «se réveillent». «Utiliser le corps des femmes pour vendre des choses est dommageable aux deux sexes», a-t-elle déclaré, selon The Guardian.

Jo Swinson, co-présidente du parti libéral-démocrate (classé au centre-droit), s'est elle aussi émue de l'image renvoyée par la performance des danseuses, rapportant en outre des accusations portées par ces dernières contre plusieurs participants à la conférence : plusieurs jeunes femmes assurent en effet avoir essuyé des regards insistants et s'être vu proposer de l'argent en échange de faveurs sexuelles.

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