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50 skieurs de fond prendront part aux JO malgré des tests sanguins «suspects»

Tandis que plusieurs athlètes russes accusés de dopage restent bannis à vie de JO, une enquête révèle que de forts soupçons de pratiques illicites pèsent sur 290 skieurs de fond de nationalités diverses. Certains seront présents à Pyeongchang.

Après avoir épluché les données de 10 000 tests sanguins prélevés sur 2 000 athlètes de sports d'hiver sur la période 2001-2010, le quotidien britannique The Times, en partenariat avec les chaînes de télévision suédoise SVT et allemande ARD, est arrivé à la conclusion qu'il existe de forts soupçons de dopage sur 290 skieurs de fond. De diverses nationalités (russe, allemande, française ou encore américaine), ils présentent en effet des résultats de tests sanguins «suspects». 

Parmi eux, 50 vont pourtant participer aux Jeux olympiques (JO) qui s'ouvriront le 9 février à Pyeongchang en Corée du Sud, d'après l'enquête qui ne révèle pas l'identité des sportifs mis en cause.

«46% des médailles distribuées en ski de fond aux Mondiaux et aux Jeux olympiques entre 2001 et 2017 – soit 313 médailles – ont été gagnées par des athlètes dont les valeurs sanguines ont présenté une ou plusieurs fois des anomalies», estiment les trois médias au terme de leur enquête.

«Selon des experts, la probabilité que ces données sanguines soient dues à autre chose qu'au dopage est de 1%», assène la chaîne publique allemande.

S'ils ne disposent pas de données après 2010, le média a comptabilisé les médaillés de la période 2010-2017 qui ont présenté des valeurs suspectes lors des années précédentes.

Plusieurs sportifs russes toujours bannis à vie

Ces nouvelles révélations interviennent alors que le Comité international olympique (CIO) a contraint les sportifs russes à concourir sous bannière neutre aux JO 2018. Le CIO avait en outre banni a vie 43 sportifs russes en les accusant de dopage, mais cette décision a été annulée par le Tribunal arbitral du sport (TAS) le 1er février. Le TAS a ainsi jugé que pour 28 d'entre eux les preuves avancées par le CIO étaient «insuffisantes», ouvrant en théorie la voie à une participation aux JO pour 13 d'entre eux.

Cela n'empêche pas plusieurs champions du rang de Viktor Ahn (short track) ou d'Anton Chipouline (biathlon) d'avoir été définitivement écartés de la compétition par un panel du CIO présidé par l'ancien ministre français des Sports, Valérie Fourneyron.

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