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Sahara Occidental : l'armée sahraouie n'exclut pas une confrontation armée avec le Maroc

L’armée sahraouie a procédé à des exercices militaires afin d’évaluer son aptitude au combat. Une démonstration de force qui intervient alors que le Maroc mène une contre-offensive diplomatique depuis sa réintégration au sein de l’Union africaine.

Le Front Polisario a une nouvelle fois affirmé qu’il n’excluait pas la voie militaire afin de faire du Sahara occidental un Etat indépendant reconnu par l’ensemble de la communauté internationale. Dans l'optique d'afficher sa détermination, l’armée sahraouie a lancé des exercices militaires le 25 décembre, mobilisant plusieurs véhicules militaires blindés.

«Ces manœuvres se veulent être un message adressé à la communauté internationale que le Polisario et le peuple sahraoui tiennent à leur droit à l'autodétermination. J’appelle la communauté internationale à amener la partie marocaine à respecter la volonté de la paix et de coexistence dans le Maghreb arabe», a déclaré le secrétaire général du Polisario Brahim Ghali, à l’issue de ces exercices militaires.

De son côté, le ministre de la Défense sahraoui, Abdullahi Lehbib, a fait savoir que son armée était «prête» à faire face à toute éventualité afin d’«arracher son droit à l’indépendance» a rapporté l'agence algérienne APS. 

Le retour du Maroc au sein de l’Union africaine a intensifié la bataille diplomatique menée par les deux parties

Après 33 ans d’absence, le Maroc a décidé en janvier dernier de réintégrer l’Union africaine. Son départ avait été motivé par l’adhésion de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), état reconnu par une quarantaine de pays, principalement africains et rivaux du Maroc, à l’instar de l’Algérie, l’Afrique du Sud ou encore le Nigéria. Offensif sur le plan de la diplomatie économique en Afrique, le Maroc espère bel et bien que son retour au sein de la famille africaine jouera en sa faveur sur le plan politique. Malgré plusieurs tentatives, le royaume chérifien n'a cependant pas réussi à exclure les représentants sahraouis lors de la tenue de plusieurs commissions de l’Union africaine.

Face à ces échecs, Rabat a donc revu sa stratégie en tolérant la présence de la RASD tout en continuant à la considérer comme illégitime. Quelques jours avant le sommet Union africaine-Union européenne tenu à Abidjan en novembre dernier, une source marocaine avait confié à Jeune Afrique que les autorités marocaines ne souhaitaient pas rentrer dans «des combats subalternes» pouvant impacter négativement le déroulement de cet important rendez-vous.

Un conflit vieux de 42 ans 

Cette région désertique que se disputent le Maroc et le Front Polisario depuis 1975 est une zone riche en ressources minières et halieutiques, les eaux bordant la région étant particulièrement propices à la pêche hauturière.

Le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, réclame le droit à l'autodétermination, ce que refuse catégoriquement le Maroc qui propose de son côté un plan d'autonomie soutenu par la France et l'Espagne. Une mission des Nations Unies avait été formée il y a une vingtaine d'années afin de conduire à la tenue d'un référendum sur l'avenir politique du Sahara Occidental, jusque là sans succès.