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L'orchestre symphonique de Boston joue-t-il trop d’œuvres d'«hommes blancs» ?

Une soixantaine de musiciens et d'universitaires de Boston ont dénoncé le fait que 72 des 73 pièces programmées cette saison par l'orchestre symphonique soient l’œuvre d'«hommes blancs». Ils réclament des pièces de femmes et de personnes de couleur.

Ils ont posé archets et trompettes pour écrire une lettre ouverte réclamant davantage d’ouverture : plus de 60 musiciens ont dénoncé le fait que la saison 2017–2018 du prestigieux Symphony Hall de Boston «ne montre aucune diversité ni innovation».

Plus précisément, les signataires, qui font partie de formations locales ou d’institutions universitaires du Massachussets tels qu’Harvard ou l'université de Berkeley, soulignent que sur 73 pièces, «72 sont écrites par des hommes blancs». Selon eux, l’orchestre symphonique de Boston (BSO) devrait manifester son engagement pour l’égalité en produisant sur scène des talents musicaux trop souvent marginalisés.

Le BSO est accroché à ses élites, les hommes blancs européens

La violoniste et compositrice bostonienne Shaw Pong Liu a écrit un mail au quotidien américain le Boston Globe en décrivant le BSO comme une institution dépassée. «Dans une époque où le racisme est un sujet sensible au niveau local et national, le BSO est accroché à ses élites, les hommes blancs européens, face à une salle de concert dont le public ne ressemble pas au reste de la communauté dans laquelle ils évoluent», a-t-elle commenté.

Le BSO a répondu par une lettre de cinq pages reconnaissant les inquiétudes du groupe et assurant souhaiter défendre la diversité. Ses responsables ont proposé aux représentants des signataires de les rencontrer le 18 décembre. Ils ont répliqué qu’un grand nombre de compositrices ont été programmées dans d’autres salles où officie le BSO.

En revanche, les responsables du BSO avouent n’avoir pas atteint les mêmes objectifs pour les compositeurs de couleur. «L’orchestre n’a pas eu les mêmes résultats qu’avec les femmes dont nous avons augmenté la représentation», ont-ils admis. «Cela prendra du temps pour atteindre ce résultat, mais nous sommes déterminés à accomplir la même chose», ont-ils ajouté.

Une analyse de l'orchestre symphonique de Baltimore montre que, durant la saison 2016-2017, les pièces composées par des femmes ne représentent que 1,3 % de toute la musique jouée par les 85 principaux orchestres américains – soit 0,4% de moins que la saison précédente. L’organisation à but non lucratif Women’s Philharmonic Advocacy a de son côté publié le résultat de son propre décompte : 14 des 21 orchestres les plus en vue du continent n’ont même pas programmé une seule œuvre d’une compositrice durant la saison 2016-2017.

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