Pologne : une auberge de jeunesse interdit l’entrée aux «Juifs, communistes et traitres»

Pologne : une auberge de jeunesse interdit l’entrée aux «Juifs, communistes et traitres»© Amir Cohen Source: Reuters

Polémique après la diffusion sur internet de la photographie d’une énorme bannière raciste installée sur la façade d’une auberge de jeunesse polonaise. L’établissement pourrait appartenir à un célèbre nationaliste.

Des utilisateurs de Twitter se sont émus alors que circulait une photographie prise dans le village de Cesarzowice, dans la région polonaise de  la Voïvodie de Basse-Silésie. La photographie laissait voir, affichée sur l'auberge de jeunesse Dom Polski, une banderole dotée de l'inscription : «Dom Polski – accès interdit aux juifs, communistes, et à tous les pilleurs et traitres de la Pologne.» Plusieurs internautes se sont insurgés, interpellant les autorités polonaises.

La banderole était visible aux yeux de tous depuis plusieurs mois, d’après le média en ligne polonais NaTemat. Interrogée par ce site, la maire du village Jolanta Szulc a expliqué ne pas être intervenu, le slogan étant affiché sur des locaux privés.

Malgré des informations controversée sur son propriétaire, l’auberge est la dernière adresse connue de Piotr Rybak, membre du mouvement ultra-nationaliste Camp national-radical (ONR). Rybak est actuellement en prison après avoir été condamné pour «incitation à la haine raciale». 

En novembre 2015, il avait brûlé l’effigie d’un juif pendant une manifestation nationaliste à Wroclaw. Arguant qu’il voulait en fait brûler l’effigie de George Soros mais ne savait pas de quoi il avait l’air, il avait réussi à obtenir une peine avec sursis. Equipé d’un bracelet électronique, il a plus tard, en violation des conditions imposées par la justice, participé à une manifestation nationaliste. Pendant ce rassemblement, Piotr Rybak avait notamment appelé à la violence contre les militants gauchistes, et qualifié la Première dame polonaise Agatha Kornhauser-Duda de «juive» et crié des slogans antisémitistes. Une nouvelle fois arrêté, il a ensuite écopé de prison ferme.

La polémique suscitée par cette banderole suit de peu une marche nationaliste controversée qui a rassemblé des milliers de Polonais le jour de l’Indépendance à Varsovie, le 11 novembre. Il s'agissait d’une des manifestations nationalistes les plus importantes de ses dernières années en Europe : 60 000 participants étaient au rendez-vous. La majorité des participants avaient le visage masqué et portaient des drapeaux polonais, des symboles nationalistes et des slogans racistes étaient scandés. Parmi les éloquents slogans : «L’Europe blanche des nations sœurs», «L’Europe sera blanche ou vide», «Non à l’islam» ou encore «Les juifs hors de Pologne».

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