Des équipements de torture illégaux vendus dans un salon à Villepinte ?

- Avec AFP

Des équipements de torture illégaux vendus dans un salon à Villepinte ? © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT Source: AFP
Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, a inauguré le salon Milipol Paris ce 21 novembre

Matraques à pointes, boucliers à décharges électriques, fourches antiémeute... Amnesty International ayant découvert des «équipements de torture illégaux», au salon Milipol Paris, un stand a été fermé et l'exposant concerné expulsé.

«Le stand en question a été immédiatement fermé, mercredi soir, sous contrôle d'huissiers», a déclaré ce 23 novembre à l'AFP la directrice du salon consacré à la sécurité des Etats, Muriel Kafantaris, et l'exposant chinois a été définitivement interdit d'exposer à Milipol.

La raison de cette expulsion ? Amnesty International avait constaté que le stand proposait des «équipements de torture illégaux».

«Le responsable d'Amnesty International était là le 21 novembre, jour d'ouverture du salon, avec nous. Il nous a fait part de son rapport», a-t-elle ajouté. 

Selon Muriel Kafantaris, le seul produit dont il a fait mention à ce moment là était «un bracelet à impulsion électrique» présent sur le stand chinois incriminé. Quant aux autres équipements mentionnés par l'ONG... «je ne sais pas d'où ils sont sortis», a affirmé Muriel Kafantaris.

Des produits illicites sur catalogues

Par ailleurs, les quatre exposants qui proposaient à la vente des produits illicites sur catalogues «ont reçu un courrier d'avertissement», selon elle.

«Il est certain que nous allons prendre des mesures draconiennes pour que cela n'arrive plus lors de la prochaine édition, en 2019», a-t-elle assuré.

«Des instruments de torture effrayants, tels que des matraques électriques et de lourdes entraves pour les pieds, sont censés être interdits dans l'UE. Alors pourquoi en trouve-t-on en vente à Paris aujourd'hui ?», s'interroge Ara Marcen Naval, conseillère sur le contrôle des armes à Amnesty, dans un communiqué.

«En ne faisant pas appliquer la législation, la France permet aux tortionnaires de venir faire leur marché. Milipol est le premier véritable test grandeur nature pour la nouvelle réglementation de l'UE sur les instruments de torture, et il est très inquiétant de constater que ces règles sont déjà bafouées, moins d'un an après leur entrée en vigueur», souligne l'ONG.

Amnesty International exhorte par ailleurs les autorités françaises à enquêter «de toute urgence» sur l'importation de ces objets illégaux : «Elles doivent mettre en place des mesures garantissant la stricte application de la législation de l'UE afin que personne et qu'aucun pays ne continue de tirer bénéfice de ce commerce d'instruments conçus pour infliger des souffrances à des êtres humains.»

Le salon Milipol Paris, consacré à la sécurité intérieure des États, s'est ouvert ce 21 novembre à Villepinte (Seine-Saint-Denis) en présence du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

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