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40 ans depuis le projet Apollo-Soyouz et la poignée de main dans l’espace entre l’URSS et les USA

Aujourd’hui toute la planète célèbre les 40 ans de la poignée de main célèbre entre l’URSS et les États-Unis. Cet événement hautement symbolique a eu lieu dans un moment de détente temporaire dans les relations entre les deux pays.

Cet événement est intervenu à une période où les deux puissances mondiales essayaient de renoncer à la confrontation et de se diriger vers une coexistence pacifique après le retrait de Washington du Vietnam.

La tentative de réchauffement des relations s’est révélé être un échec partiel au final, la confrontation directe ayant été remplacée par des guerres par procuration. Cet épisode a néanmoins produit une réduction tangible des tensions. Apollo-Soyouz Test Project, souvent abrégé en ASTP représentait dans une large mesure une belle opération de relations publiques promouvant la «détente» aux sceptiques des deux camps.

L’idée de cette mission spatiale conjointe a été conçue initialement en 1970, mais cela a pris deux ans pour que le projet devienne un accord signé. Encore trois ans ont été utiles à la résolution des questions techniques et d’organisation, sur l’entraînement de l’équipage dans les deux installations, américaine et soviétique, et sur la préparation des lancements.

Accouplement et copulation

Pour la NASA, ce projet était la dernière mission du programme Apollo. La modification la plus importante dans la navette spatiale était le replacement du module d’atterrissage sur la lune par un adaptateur d’accueil. L’atmosphère à l’intérieur du véhicule Apollo était constituée d’oxygène pur à faible pression tandis que la navette de Soyouz possédait un mélange oxygène-azote similaire à un air respirable sur terre, à une pression normale. Le couplage direct des deux capsules aurait été gravement préjudiciable pour les deux modules.

Une période de transition de trois heures où l’air de ces deux véhicules est passé à travers un adaptateur, a été introduite pour résoudre le problème. Les Russes ont aussi développé un tissu ignifuge pour leurs combinaisons afin qu’ils se sentent à l’aise dans le milieu riche en oxygène de leurs hôtes américains.

L’accostage a aussi exigé que le nouveau mécanisme, appelé système d'amarrage périphérique androgyne (APAS) soit développé. Les designs inspirés de ce projet sont toujours utilisés dans les programmes spatiaux de l’ISS et de la Chine. Auparavant, les deux pays actifs dans l’espace ont utilisé le système de détection et de régulation qui est similaire à un connecteur électrique à fiches dans un sens que les deux aspects de différent «sexe» ont été nécessaires pour que l’accouplement soit possible.

Previously both space-faring nations had used a probe-and-drogue mechanism, which is similar to an electric plug and socket in the sense that two halves of different “sexes” were needed for coupling to be possible.

L’APAS était fait de telle sorte que des ports «mâle» et «femelle» disposés sur chacun des modules faisaient partie de la procédure d’amarrage. D’après une blague populaire à l’époque, aucun des deux pays ne voulait installer de mécanisme «femelle» sur son vaisseau spatial, cela impliquant une soumission. En tout cas, au cours de la série d’amarrage et de réamarrage, Apollo et Soyouz ont eu à tour de rôle la chance de jouer un rôle actif dans la procédure.

L’ombre autour du vaisseau Soyouz

Le programme spatial Soyouz était en plein renouveau en ce temps-là, de sérieuses modifications ayant été introduites en 1973, après le désastre de Soyouz-11 au cours duquel trois cosmonautes ont trouvé sa mort lors du retour du vaisseau suite à la dépressurisation de leur cabine.

Le désastre a convaincu les concepteurs de réduire le nombre de membres d’équipage à deux personnes, afin de libérer assez de place pour qu’ils puissent porter des combinaisons pressurisées au cours du lancement et du retour. Les deux membres de l’équipage soviétique participants à la mission Apollo-Soyouz, Aleksey Leonov et Valery Kubasov, faisaient initialement partie de l’équipage au destin dramatique de Soyouz-11, mais ont été retirés de la mission au dernier moment, les deux hommes présentant des symptômes d’infection quelques jours avant le départ.

Ainsi, l’URSS a réalisé de nombreux tests et préparations en vue de la mission conjointe. Six vaisseaux similaires à Soyouz-19 ont été construits. Deux ont été utilisés dans des vols d’essais non habités, un autre pour la mission de Soyouz-16, celui qui a effectivement été utilisé au cours de la mission ASTP et les deux restants ont été conservés, prêts à voler pour une éventuelle mission de sauvetage.

Trois langues en orbite

La mission historique a duré 5 jours, 22 heures et 31 minutes pour Soyouz et 9 jours, 7 heures et 28 minutes pour Apollo. Le premier amarrage entre les deux vaisseaux a duré 1 jour, 19 heures et 54 minutes. Entre le partage des repas, les entretiens avec le président américain Gerald Ford et le Secrétaire général Leonid Brezhnev, l’équipage a eu le temps de mener un extensif programme scientifique. Cela a compris des expérimentations sur la façon dont les microbes peuvent circuler entre les astronautes et cosmonautes, et sur l’étude de la couronne solaire depuis Soyouz tandis qu’Apollo manœuvrait pour masquer le soleil.

La mission a aussi établi le record du «plus vieil astronaute dans l’espace». Deke Slayton faisait déjà partie de l’équipage Mercury en 1959, mais avait été cloué au sol été pour des problèmes cardiaques. Le titre de «plus vieil astronaute» dans l’espace a changé plusieurs fois de mains, mais ce titre appartient désormais à John Glenn, américain âgé de 77 ans, lors d’une mission de neuf jours dans la navette spatiale Discovery en 1998.

La mission Apollo-Soyouz restera gravée comme un événement historique, précurseur dans le genre, qui a survécu aux hostilités des années 1980 et dont la Station spatiale internationale est la digne héritière.