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Un petit village belge défie les Etats-Unis et le TTIP

Alors que les négociations secrètes entre l'Europe et les Etats-Unis se poursuivent à Bruxelles du 13 au 17 juillet autour du projet de marché Transatlantique, la petite commune belge de Saint-Gilles tape du poing sur la table et dit «non» au TTIP.

Sur la carte de l'Union européenne, Saint-Gilles n'est qu'un tout petit point. Un confetti belge réunissant 50 000 âmes sur une surface de 2,5 kilomètres carrés à peine. Et pourtant, la paisible commune de Bruxelles-Capitale vient de se déclarer «hors-zone TTIP».

Par ce geste, très symbolique, la municipalité belge marque ainsi son opposition au Traité Transatlantique qui, négocié dans le plus secret entre Bruxelles et Washington, pourrait durablement changer la vie de millions d'Européens.

A Saint-Gilles, l'intiative des élus de la commune a plutôt bonne presse. Loïc Fraiture par exemple estime que le TTIP, s'il était adopté serait, «une menace sérieuse contre nos droits démocratiques et contre nos normes environnementales et sanitaires».

Le Traité Transatalantique qui prévoit en effet de créer une vaste zone de libre-échange entre les les Etats-Unis d'une part et les 28 pays de l'Union européenne, entraînerait de fait une normalisation des standards entre Washington et l'Europe.

Le «grand secret» qui entoure les négociations agace aussi Alain François. Ce dernier dénonce notamment la possibilité pour les multinationales d'attaquer les Etats via des tribunaux privés - arbitraux - si elles estiment que leurs intérêts ont été par exemple lésés.

Même son de cloche chez Michèle qui voit, elle, dans le TTIP la main des «marchés». «Ils veulent tout régir et réduire nos états de droit qui reposent eux sur la justice», dit cette mamie belge. 

Des petits cailloux dans les baskets de Washington

Si pour le moment, l'action de la commune de Saint-Gilles est sutout symbolique -une municipalité européenne n'étant pas légalement autorisée à à se retirer de traités qui sont contraignants sur l'ensemble de l'Union - les élus cherchent ici à envoyer un signal de mécontentement aux représentants européens. Plusieurs villes belges ont d'ailleurs emboité le pas de Saint-Gilles, se plaçant elles-aussi «hors zone TTIP» !

A Ixelles, ville où se déroulent actuellement les pourparlers du Traité Transatlantique, un groupe de citoyens appelle par ailleurs en ce moment via Facebook, à une mobilisation pour «virer» les négociateurs de la cité belge !

Ces initiatives belges, qui sont pour le moment de petits cailloux dans les grandes baskets américaines, pourraient pourtant vite devenir très douloureuses.

En effet, selon un élu du parlement régional de Bruxelles, interrogé par RT, ces motions «anti-TTIP» votées également dans plusieurs assemblées régionales en Belgique pourraient à terme entraver sérieusement la bonne marche législative du texte. «Si un seul parlement régional [en Europe] dit non au Traité, le TTIP peut être complètement bloqué. C'est pour cela qu'il faut mettre un maximum de pression sur les négociateurs dès le départ» affirme l'élu.