Une ONG israélienne dénonce un raid meurtrier de la police dans un hôpital palestinien (VIDEO)

Une ONG israélienne dénonce un raid meurtrier de la police dans un hôpital palestinien (VIDEO)© Capture d'écran YouTube, @btselem

Une enquête de l'ONG israélienne de défense des droits de l'Homme B'Tselem épingle le comportement brutal de policiers israéliens qui, le mois dernier, avaient provoqué la mort d'un Palestinien traité dans un hôpital, en l'interpellant.

Un Palestinien gravement blessé dans une émeute et qui avait été transporté à l'hôpital Al-Makassed de Jérusalem-Est le mois dernier afin d'y être soigné est décédé à l'issue d'un raid de la police israélienne, venue l'interpeller le jour-même dans l'établissement. C'est ce qu'a révélé l'ONG de défense des droits de l'Homme israélienne B'Tselem, ajoutant que la descente musclée de la police avait également mis en danger la vie d'autres patients.

Le Palestinien décédé, Muhammad Abu Ghanam, âgé de 20 ans, avait été hospitalisé le 21 juillet dernier après avoir été blessé par les forces de sécurité israéliennes en marge d'une manifestation baptisée «Jour de rage» à Jérusalem-Est.

Muhammad Abu Ghanam, étudiant de l'Université de Beir Zeit, était sur le point d'être emmené dans la salle d'opération lorsque des policiers israéliens ont fait irruption dans l'hôpital pour l'arrêter.

Selon l'ONG B'Tselem, lors du raid, la police a violenté le personnel de l'hôpital et les dizaines de jeunes Palestiniens qui tentaient de les empêcher d'entrer dans le bâtiment.

«Les agents ont usé de grenades assourdissantes et effectué des tirs de sommation. Environ la moitié de l'escadron de police a pénétré dans le bâtiment pour trouver et arrêter des émeutiers blessés», a déclaré l'ONG, en diffusant des images du raid captées par la vidéosurveillance. 

Selon B'Tselem, les agents de police ont fouillé plusieurs salles et harcelé le personnel médical ainsi que les patients de la maternité, de la banque de sang et de la salle d'urgences pour obtenir des informations. Lorsqu'ils ont découvert où se trouvait Muhammad Abu Ghanam, ils auraient agressé les médecins et les infirmières qui s'occupaient de lui, empêchant le personnel médical de l'emmener dans la salle d'opération.

Toujours selon l'ONG, l'état du jeune homme s'est par la suite rapidement détérioré. Les médecins ont essayé sans succès de le réanimer, avant de le déclarer mort 20 minutes plus tard. Au milieu du chaos, les manifestants palestiniens ont sorti son corps de l'hôpital.

«Il n'y a pas de mots pour décrire le comportement de la police à l'intérieur de l'hôpital», a déclaré B'Tselem dans son communiqué. «La peur engendrée par des dizaines de policiers armés qui font irruption dans un établissement hospitalier ne peut être minimisée. Lorsque ce sentiment de peur s'accompagne en plus d'une agression contre le personnel médical, il y a un risque réel pour la vie de nombreux patients de l'hôpital», ajoute le communiqué.

L'ONG a par ailleurs souligné qu'Israël violait régulièrement le droit international qui stipule que les établissements médicaux sont des aires protégées où la police ne peut effectuer des opérations en vue d'arrêter des personnes.

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