Le Canada pourrait revoir ses livraisons d’armes aux Saoudiens après les répressions dans le royaume

- Avec AFP

Le Canada pourrait revoir ses livraisons d’armes aux Saoudiens après les répressions dans le royaume© Chris Wattie Source: Reuters
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau

Ottawa a exprimé sa préoccupation sur la possible utilisation par l'Arabie saoudite de véhicules blindés légers de fabrication canadienne lors d'opérations de répression dans l'est du pays et a fait part de son inquiétude aux autorités saoudiennes.

«Nous prenons très au sérieux ces allégations et nous allons faire un suivi immédiat», a déclaré le 29 juillet le Premier ministre canadien Justin Trudeau, lors d'un déplacement dans le centre du pays. Il était interrogé sur la publication par le quotidien The Globe and Mail d'informations selon lesquelles des véhicules blindés légers vendus par le Canada à l'Arabie saoudite auraient été utilisés contre des civils chiites lors d'une une vaste opération, qui aurait fait des victimes, dans la région de la ville d'Awamiya, dans l'est du pays.

The Globe and Mail indiquait avoir fait confirmer par des experts que des véhicules apparaissant sur des photos et des vidéos de l'opération menée par les forces de sécurité saoudiennes étaient bien des Gurkha RPVs, fabriqués au Canada, par Terradyne Armored Vehicles. 

Le ministre candienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, avait exprimé un peu plus tôt sa «vive préoccupation». «S'il s'avère que des exportations canadiennes ont été utilisées pour commettre de graves violations des droits de l'homme, la ministre prendra les mesures qui s'imposent», a confié l'un de ses porte-parole, John Babcock.

«Le gouvernement tente d’obtenir plus d'information sur les efforts déployés actuellement par l’Arabie saoudite pour faire face à ses questions de sécurité, ainsi que sur les informations indiquant que des civils ont perdu la vie et que des véhicules fabriqués au Canada ont été utilisés par l’Arabie saoudite dans ces opérations de sécurité. Le Canada étudiera toute les informations à sa disposition pour déterminer les mesures à prendre», a précisé le porte-parole dans un message électronique. «Le gouvernement a exprimé son inquiétude au Royaume d’Arabie saoudite afin que ses opérations de sécurité intérieure soient menées d’une manière conforme au droit international protégeant les droits de la personne», a-t-il ajouté.

Le contrat controversé de vente de ces véhicules d'un montant de quelque 13 milliards de dollars américains avait été conclu sous le précédent gouvernement conservateur.

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a dû défendre à plusieurs reprises ce contrat face aux critiques des défenseurs des droits de l'homme. Et le prédécesseur de Chrystia Freeland aux Affaires étrangères, Stéphane Dion, avait affirmé en avril 2016 que le gouvernement suspendrait ou révoquerait la licence d'exportation de ce matériel, si des informations crédibles faisaient état de son utilisation à mauvais escient.

La réglementation canadienne sur les ventes de matériel à usage militaire prévoit des restrictions dans le cas de violations des droits de l'homme des citoyens du pays destinataire de ces matériels et prohibe leur utilisation contre des civils.

«Nous avons des contrats dans lesquels les gens s'engagent à respecter les lois canadiennes, les termes du contrat et les valeurs canadiennes et on s'attend à ce que ces contrats soient respectés», a déclaré Justin Trudeau lors d'un bref point de presse retransmis par Radio Canada.

Un peu plus tôt cette semaine, le Canada s'était dit préoccupé par l'escalade de la violence dans l'est de l'Arabie saoudite, qui s'est soldée par des pertes civiles et au sein des forces de sécurité. 

Lire aussi : Des groupes de défense de la paix appellent Trudeau à ne pas livrer de blindés à l'Arabie Saoudite

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