Des parlementaires suédois demandent qu'Erdogan soit jugé pour «génocide»

Des parlementaires suédois demandent qu'Erdogan soit jugé pour «génocide» © Sertac Kayar Source: Reuters
Bâtiments endommagés après des combats entre les séparatistes kurdes et les forces de sécurité turques dans la zone de Diyarbakir en février 2016

La justice suédoise a été saisie contre Recep Tayyip Erdogan à la demande de parlementaires de gauche, qui accusent le président turc de «génocide» dans les régions kurdes où les combats ont repris depuis 2015.

Erdogan bientôt poursuivi par la justice suédoise pour génocide ? C'est ce que demandent cinq parlementaires du Parti écologiste et du Parti de gauche qui ont saisi la Chambre internationale du parquet à Stockholm pour «génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre», selon Annika Lillemets, député des Verts, au cours d'une conférence de presse le 10 juillet.

Les faits reprochés au président turc concernent les «exécutions extrajudiciaires et le recours excessif à la force» dans le Kurdistan turc entre juillet 2015 et décembre 2016 et qui ont été dénoncés dans un rapport du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme (HCDH) et de l'ONG Amnesty International. Le rapport évoque aussi de «nombreux cas de disparitions, de tortures, de destructions d'habitations et du patrimoine culturel». 

Toujours d'après Annika Lillemets, la plainte met en cause le président turc Recep Tayyip Erdogan ainsi que plusieurs de ses ministres, parmi lesquels le Premier ministre et les ministres de l'Intérieur et de la Défense. 

Si la probabilité d'un procès en présence de l'accusé semble faible, une telle procédure pourrait avoir des conséquences sur la relation entre la Suède et le président turc. C'est du moins ce qu'espère l'élu écologiste Carl Schlyter, qui a déclaré : «Si [Erdogan] est empêché de parcourir l'Europe et d'influencer les pays européens comme il le veut, j'espère que cela aura un effet sur sa politique.»

De son côté, le parquet a confirmé avoir reçu la plainte et décidera ensuite d'ouvrir ou non une enquête préliminaire même si «cela peut prendre du temps», comme l'a indiqué à l'AFP un représentant de la chancellerie.

Les combats dans le sud-est de la Turquie ont repris en 2015 après la rupture d'une trêve avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Le conflit entre les séparatistes kurdes et Ankara a fait plus de 40 000 morts depuis 1984.

Le PKK, principale force armée séparatiste kurde en Turquie, est considéré comme une organisation terroriste par Ankara, mais aussi par le Canada, les Etats-Unis et l'Union Européenne. Son leader, Abdullah Öcalan, purge une peine de prison à vie en Turquie. De nombreux élus, dont plusieurs députés du Parti démocratique des peuples (HDP), principal parti pro-kurde de Turquie, sont actuellement emprisonnés pour des liens supposés avec le PKK.

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