Obama admet que le combat contre Daesh sera long

Barack Obama entouré de Ash Carter et Martin Dempsey © Jonhatan Ernst Source: Reuters
Barack Obama entouré de Ash Carter et Martin Dempsey

Alors que Daesh ne fait que progresser, le président américain a déclaré que, malgré de récents revers, la stratégie actuelle des États-Unis parviendrait à vaincre l'Etat islamique. Mais cela prendra du temps.

Après une discussion à propos du groupe terroriste au Pentagone lundi, Barack Obama a fustigé le Congrès pour ne pas avoir confirmé la nomination d'Adam Szubin au Département du Trésor, en disant qu'un poste vide entrave la stratégie américaine contre Daesh :

Selon le président américain, ce poste serait «essentiel à [nos] efforts de lutte contre le terrorisme. M.Szubin est hautement qualifié pour ce projet, pourtant, sa candidature dort dans un tirroir. Nous avons besoin du Sénat pour la confirmer dès que possible» a-t-il déclaré. 

Le secrétaire de la défense Ash Carter et le président des chefs d'état-major Martin Dempsey entre autres, ont briefé le président sur la stratégie qui consiste à conduire Daesh or d'Irak et de Syrie.

Aux journalistes, le président américain a de nouveau déclaré que le but des Etats-Unis était de détruire le groupe terroriste et a salué le fait que plus de 60 nations dans le monde, parmi lesquelles de nombreux pays arabes, contribuaient à cette mission. 

«Notre stratégie globale de lutte contre Daesh met à profit tous les éléments de la puissance américaine à travers notre gouvernement, que ce soit nos puissances militaire, diplomatique, économique, de développement ou encore, le plus important, la puissance de nos valeurs».

«Ceci est une campagne à long terme et qui prendra du temps» a affirmé Barack Obama. «Les terroristes sont opportunistes et agiles. Dans de nombreux endroits de Syrie et d'Irak, y compris dans les zones urbaines, ils ont réussit à se fondre parmi les populations civiles innocentes. Il faudra du temps pour les extirper. Pour cela, les forces locales, appuyées par notre coalition, doivent faire tout leur possible sur le terrain», a ajouté le chef d'état américain. 

À la mi-juin, le ministère de la Défense avait annoncé l'expansion de la base Taqaddum dans la province d'Anbar en Irak. Dans le même temps, Obama a ordonné le déploiement de 450 soldats supplémentaires dans la base qui se trouve à seulement 25 kilomètres de Ramadi, la capitale provinciale tombée aux mains de Daesh en mai dernier.

Une semaine plus tard, Carter avait admis devant le Congrès que le Pentagone n'avait pas été en mesure de trouver suffisamment de recrues irakiennes «légitimes» pour lutter contre les extrémistes de l'Etat islamique.

Quelques 9 000 soldats irakiens avaient alors été formés, par l'armée américaine, ce qui est très loin de l'objectif de cette dernière : former 24 000 hommes opérationnels au combat. 

Depuis l'annonce de juin dernier, Obama a noté que des progrès avaient été réalisés dans la formation et l'équipement des forces de sécurité irakiennes, y compris en ce qui concerne les volontaires sunnites.

le Président du House Armed Services Committee, Mac Thornberry (R-Texas) a déclaré que la réunion d'information devrait conduire Obama à conclure que la stratégie actuelle sur la défaite de Daesh ne fonctionnait pas.

Thornberry a notamment l'a notamment déclaré dans un communiqué : «de la Libye et de la Tunisie, à l'Afghanistan, Daesh poursuit sa progression tandis que nous perdons du temps et du terrain. Je souhaite que le Président reconnaîsse ces réalités, mette fin aux menaces de veto sur des projets de loi qui permettraient d'améliorer sa capacité de lutte contre le terrorisme et remette en cause sa strétégie inadéquate». 

Barack Obama a, lui, exprimé son désaccord avec l'évaluation de Thornberry, après sa rencontre avec son équipe de sécurité nationale.

«Comme dans tout effort militaire, il y a des périodes de progrès, mais aussi, parfois, quelques revers, comme nous avons pu le voir récemment avec les progressions de Daesh à Ramadi en Irak et en Syrie centrale et méridionale. Mais aujourd'hui, il nous faut également reconnaître que des progrès importants ont été réalisés», a déclaré le président américain. 

«Notre coalition combat actuellement les terroristes avec plus de 5 000 frappes aériennes. Nous avons pris des milliers de positions de combat, des chars, des véhicules, des fabriques de bombes et des camps d'entraînement. Nous avons éliminé des milliers de combattants, y compris de hautes figures de l'Etat islamique. Et au cours des dernières années, nous avons vu que, lorsque nous avons un partenaire efficace sur le terrain, les terroristes peuvent être repoussés».

Décrivant la stratégie des États-Unis et de la coalition contre le groupe terroriste, notamment par la répression des opérations de financement illicites du groupe partout dans le monde, Obama a souligné que Daesh avait fait face à une série de pertes en Irak et en Syrie, qui «prouvent que Daesh peut être et sera vaincu».

«Nous allons intensifier nos efforts contre Daesh en Syrie. Nos frappes aériennes vont continuer à cibler leurs installations pétrolières et gazières qui financent une grande partie de leurs opérations. Le partenariat avec d'autres pays, le partage permanent d'informations, le renforcement des lois et de la sécurité aux frontières, nous permettront d'endiguer le flot de combattants étrangers en Syrie - ainsi qu'en Irak - et d'arrêter, de toute évidence, le flux de ces combattants de retour dans notre propre pays» a-t-il déclaré.

Obama a également appelé la Syrie et l'Irak à former des gouvernements inclusifs qui desservent tous les groupes au sein de leurs pays. Le président américain a salué les mesures prises par le Premier ministre irakien Haider Abadi, soutenus par les Etats-Unis «pour forger un gouvernement irakien inclusif et efficace qui unit tous les peuples d'Irak». 

Le président américain en a, par ailleurs, profité pour appeler une nouvelle fois le président syrien Bachar Assad à démissionner.

«En Syrie, le seul moyen de mettre fin à la guerre civile et de faire en sorte que tous le peuple syrien s'unisse dans la lutte contre Daesh est est une transition politique et l'émergeance d'un nouveau gouvernement sans Bachar al-Assad - un gouvernement qui sert tous les Syriens» a-t-il conclu. 

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