Co-fondateur de l’euro : ce n’est pas juste la Grèce qui est en risque, mais bien toute l’Europe

Bernard Lietaer, co-fondateur de l’euro, capture d'écran d'une vidéo de RT
Bernard Lietaer, co-fondateur de l’euro, capture d'écran d'une vidéo de RT

La crise grecque qui touche l’Union européenne peut pousser la Grèce à quitter l’Union Européenne. Selon Bernard Lietaer, un des fondateurs et architectes de l'Euro, cette situation peut, au-delà de la Grèce, contaminer le reste de l’Europe.

Les deux parties de la dispute, la Grèce et l’UE, mènent de longues négociations sur la dette grecque depuis l’arrivée au pouvoir du parti de gauche Syriza au début de l’année. La Grèce veut mettre fin à la politique d’austérité mais l’UE ne cède pas. Dans une interview à RT, l’économiste Bernard Lietaer, qui a participé à la création de la monnaie européenne commune, a estimé que la chute grecque peut ensuite s’étendre aux autres parties de l’Europe.

Même si on essaie d’éviter cette situation, selon lui, la Grèce et l’Union européenne «attendent jusqu’à la dernière minute pour obtenir un compromis», mais «ce n’est pas la bonne voie», parce que cette crise est très compliquée.

La situation dans laquelle nous nous trouvons, où un Etat-membre de l’UE peut quitter l’organisation, n’a jamais été pensée par les fondateurs de l’euro. «Nous sommes dans une situation que nous n’avons, en toute franchise, jamais prévue», a avoué Bernard Lietaer.

Même la monnaie européenne est en danger, indique l’économiste, à cause des actions des différents protagonistes. «Tout est en péril parce que nous tous agissons de manière imprudente». La Grèce n’est pas la seule à blâmer, l’Union européenne et le FMI portent leur part de responsabilité dans cette crise, estime l’expert. Beaucoup de manifestations en soutien à la Grèce et contre la politique d’austérité se sont déroulées partout sur le continent, alors que «l’UE et le FMI pensent différemment des citoyens européens». Les parties n’ont toujours pas pu trouver un accord et «l’incertitude n’est bonne pour personne, en particulier pour l’économie et les investissements», a souligné l’économiste.

Mais que faire dans une telle situation ? Les créanciers et l’UE veulent que la Grèce accepte leurs conditions sans compromis possible et le côté grec s’y oppose. Bernard Lietaer, cependant, s’étonne pourquoi les parties ne discutent pas du tout d’une troisième solution possible : l’existence de deux monnaies dans un pays. Bien sûr, estime-t-il, c’est un précédent pour l’Europe de point de vue théorique, mais au niveau pratique on connait déjà cette situation : en Suisse. En effet les Helvètes utilisent les francs pour la vie quotidienne, tandis que les affaires sont gérées en euros qui, de plus, aide à stabiliser son économie. «C’est mieux que ce qu’on négocie pour le moment», a mis en relief Bernard Lietaer.

Si les Grecs choisissent de voter contre les propositions des prêteurs lors du référendum du 5 juillet, cela signifie une faillite pour la Grèce et un « Grexit» possible. En commentant la question si la Grèce est capable de faire face à la sortie de la zone euro et à se remettre sur pied, l’expert a cité l’exemple de l’Islande dont personne ne parle aujourd’hui. Pourquoi ? «Parce qu’ils n’ont pas fait ce que les fonctionnaires les obligeaient à faire», pense Bernard Lietaer. L’Islande a permis aux banques de faire faillite, a emprisonné les banquiers et maintenant elle travaille sur la question d’une la monnaie produite par le gouvernement. «C’est une toute autre solution, mais pour les médias c’est un tabou», parce que cette solution a porté ses fruits, a formulé l’économiste.

 

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