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Affrontements et scènes de chaos au Venezuela en marge de nouvelles manifestations (IMAGES)

De violents incidents ont éclaté au Venezuela, alors que des milliers de personnes manifestaient pour réclamer le départ du président. Un mort est à déplorer. Deux journalistes français, arrêtés le 11 avril à Caracas, ont par ailleurs été libérés.

Le Venezuela a été le théâtre de multiples incidents, violences et scènes de pillage le 20 avril, lors d'une journée de protestations. Les manifestants ont répondu à l'appel de l'opposition, qui exige le départ du président Nicolas Maduro. Selon Carlos Ocari, maire du quartier de Sucre à Caracas et membre de l'opposition, un homme a été tué par balles dans la nuit du 20 au 21 avril, lors des manifestations.

A Caracas, un groupe de jeunes aux visages masqués par des foulards ont notamment défié les forces de l'ordre, leur lançant des pierres et des cocktails Molotov, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des incidents ont également éclaté le 20 avril dans d'autres villes du pays, à Maracaibo, Valencia et San Cristobal. De plus, des désordres et des tentatives de pillage ont été enregistrés dans plusieurs zones de l'ouest de Caracas, comme à El Valle, Coche et El Paraiso, dans l'est, à La Urbina, et dans le sud-est, à Santa Fe, La Trinidad et Baruta.

Les violences autour des défilés de l'opposition ont déjà fait neuf morts en trois semaines, dont trois le 19 avril. Des dizaines de personnes ont aussi été blessées et environ 600 ont été arrêtées, selon l'ONG Foro Penal.

L'opposition n'entend pas faire retomber la pression, elle a convoqué pour le 22 avril une «marche du silence», au cours de laquelle les protestataires se dirigeront vers les sièges de l'épiscopat vénézuélien dans tout le pays. L'opposition a également prévu d'organiser un «blocage national» des routes du pays le 24 avril.

La vague de manifestations qui a commencé le 1er avril à l'appel de l'opposition, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, entend exiger des élections anticipées pour faire partir le président Maduro. Ce dernier a accusé les Etats-Unis de «provoquer une intervention impérialiste» contre le Venezuela.

Polémique autour de l'évacuation d'une maternité

Des représentants du pouvoir et de l'opposition se sont mutuellement accusés de l'évacuation le 20 avril d'une maternité dans un quartier de l'ouest de Caracas où s'affrontaient opposants et forces de sécurité.

La ministre vénézuélienne des Affaires étrangères Delcy Rodriguez a parlé d'une «attaque» et mis en cause des «bandes armées» liées selon elle à l'opposition au président Nicolas Maduro. 

Un député de l'opposition, José Manuel Olivares, a toutefois donné une autre version de l’événement. Selon lui, les enfants de l'établissement d'El Valle ont dû être évacués parce qu'ils étaient «très affectés par les grenades lacrymogènes que lançait la Garde nationale bolivarienne» pour disperser les opposants.

Deux journalistes français libérés

Deux journalistes français de l'agence Capa, détenus depuis le 11 avril au Venezuela, ont été libérés le 20 avril et ont pris un vol pour Paris.  

Ils avaient été arrêtés à l'aéroport international Simon Bolivar de Maiquetia alors qu'ils attendaient un vol pour rentrer à Paris. Les autorités vénézuéliennes n'avaient pas rendu publiques les raisons de leur arrestation.

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