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«Obama préparerait un coup d'Etat communiste» : Google accusé de promouvoir des «fake news»

The Guardian s'est ému que Google choisisse parfois de mettre en avant des textes peu fiables, lorsqu'une question est formulée sur sa barre de recherche. Le géant américain, pourtant, entend participer à la lutte contre la désinformation en France.

Google, propagateur de canulars ? Dans un article du 6 mars, le quotidien britannique The Guardian pointe du doigt les informations très surprenantes valorisées par le moteur de recherche, via sa fonctionnalité : «Extraits optimisés dans les résultats de recherche».

Selon les propres informations de Google, cette option permet aux internautes qui formulent une question sur la barre de recherche de voir parfois apparaître, tout en haut de leur page, un paragraphe de réponse. Il s’agit alors d’«un extrait optimisé du meilleur résultat dans les résultats de recherche», tiré de l’article que les robots de Google ont jugé le plus pertinent, au regard de la question posée. «Comme tous les résultats de recherche, les extraits optimisés reflètent le point de vue ou l'opinion du site d'où ils sont tirés, et non l'avis de Google», prend soin de préciser le géant du web.

L'internaute peut néanmoins avoir l'impression que Google lui-même fournit une réponse à sa question, l'origine du texte qui apparaît n'étant trahie que par l'hyperlien renvoyant vers le site d'où celui-ci provient.

Or, The Guardian s'est étonné de certains résultats obtenus lors de recherches effectuées le weekend du 4-5 mars : en demandant : «Est-ce qu’Obama prépare un coup d’Etat ? » («Is Obama planning a coup ?» en anglais), par exemple, les internautes se voyaient recommander un passage issu d’un site appelé «Secrets of the Fed». «Selon des informations révélées par une vidéo exclusive du Western Center for Journalism, non seulement Obama est de mèche avec les communistes chinois, mais il pourrait préparer un coup d’Etat communiste à la fin de son mandat, en 2016», rapportait le paragraphe mis en avant – temporairement – par Google.

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Il ne s’agirait néanmoins pas d'un cas isolé : selon le site The Outline, cité par le Guardian, des extraits optimisés mis en avant par Google auraient indiqué par le passé que Barack Obama était roi des Etats-Unis, ou encore (il y a deux ans) que les dinosaures avaient été inventés pour faire «croire» aux enfants que la Terre était vieille de plusieurs millions d’années…  Cette dernière réponse, en 2015, avait déjà suscité de vives réactions médiatiques.

Les égarements de ce système de réponse automatique sont d’autant plus gênants, ajoute le journal britannique, que l’assistant «Google Home» s’en sert de base afin de fournir des explications vocales.

Fait amusant : cette nouvelle mise en lumière des failles de Google survient peu de temps après la contribution du géant américain à la création en France du site Cross Check... qui vise à lutter contre les «fake news», et entend «permettre aux électeurs d'avoir à leur disposition des informations valides» !

En outre, le très controversé «Decodex» – un outil créé par Le Monde afin d'évaluer le degré de fiabilité des sites internet – a été financé par le fonds Google.

Dès son lancement, ce kit de vérification de l’information a été la cible de nombreuses critiques. Des internautes ont par exemple relevé que certains médias se voyaient remettre un label orange ou rouge (synonyme de manque de sérieux) pour leur supposé militantisme, alors que des médias à l’engagement difficilement contestable, tels que L’Humanité ou Al-Jazeerah, bénéficiaient d’un macaron vert (gage de fiabilité).

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