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«Tout va très bien Madame la Marquise» , le media training du FMI en Grèce

L'ancien représentant d'Athènes auprès du FMI a révélé que plusieurs journalistes grecs avaient suivi des séminaires à Washington pour apprendre à «présenter sous un jour flatteur les positions du Fonds et de la Commission européenne» dans leur pays.

Panagiotis Roumeliotis est pour le moins une personnalité respectable, comme son CV bien garni en atteste. Economiste, Universitaire, homme politique d'envergure ayant servi dans plusieurs ministères, Eurodéputé, il fut également le répresentant grec auprès du Fonds monétaire international. Jeudi 18 juin, il a pourtant lâché une «bombe».

«En Grèce, certaines personnes qui travaillent pour des grands medias ont été encouragés à cacher le fait que le dette grecque n'était soutenable dans la durée» a déclaré Panagiotis Roumeliotis, devant la Commission parlementaire spéciale sur la dette grecque. L'ex-représentant grec au FMI a en effet expliqué avoir rencontré par hasard des journalistes à Washington et que ceux-ci lui avaient expliqué être invités à un «séminaire» pour mieux comprendre le rôle du FMI.

Si pour Roumeliotis, ces journalistes ont surtout été les «victimes d'une propagande menée par le FMI» cette campagne de désinformation visant à dissimuler au public la vérité de la dette grecque a été « très préjudiciable» pour le pays. Ce dernier s'est en revanche refusé à donner les noms des journalistes «coachés» par le FMI.

La Commission parlementaire qui a auditionné Roumeliotis a déclaré de son côté que le Parlement grec était en droit de savoir quels journalistes avaient participé à ces «séminaires» et ce qu'ils y avaient exactement appris. Athènes envisage donc de réclamer au FMI la liste des participants, dont un seul a pour l'instant été formellement identifié. Il s'agit de Yiannis Pretenteris, un célèbre animateur de télévision grec. Le syndicat des journalistes grecs pourrait également être consulté sur une éventuelle violation de l'éthique professionnelle.

La Grèce, qui doit régler avant le 30 juin 1,5 milliards d'euros au FMI, est au bord du défaut de paiement. Sans le déblocage d'une aide spéciale de 7,2 milliards promise par l'Europe et le FMI, Athènes ne pourra pas honorer ce remboursement. Pour le moment, les négociations sont au point mort entre Athènes et ses créanciers. Un sommet européen se tiendra lundi à Bruxelles pour tenter de régler cette crise sans précédent.