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Tim Hunt, Prix Nobel de goujaterie

Sir Tim Hunt, prix Nobel de médecine en 2001, a été poussé à démissionner mercredi de son poste de professeur à l’University College de Londres suite à des propos jugés sexistes exprimés mardi lors d'une conférence.

Ce n’est pas pour ses travaux sur la régulation du cycle cellulaire par les cyclines et les protéine-kinases cycline-dépendantes que le prix Nobel de médecine fait parler du lui, mais par ses commentaires délivrées mardi lors d’une conférence en Corée du Sud, qui ont eu raison de son poste de professeur honoraire à la faculté des sciences de la vie de l’University College de Londres (UCL). 

La prestigieuse université britannique n’a que peu goûté les commentaires du professeur émérite, et a confirmé qu’il ne fera plus partie du personnel académique.

Timothy Hunt avait provoqué l’indignation de la communauté scientifique et enflammé les réseaux sociaux en déclarant ceci au sujet des femmes : «Trois choses se passent quand elles sont dans les labos : vous tombez amoureux d'elles, elles tombent amoureuses de vous, et quand vous les critiquez, elles pleurent».

Il a par la suite tenté de se rattraper – sans vraiment renier ses propos – sur les ondes de la radio BBC 4 : «Je suis vraiment vraiment désolé si j'ai choqué, c'est affreux. Je voulais juste être honnête».

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«Les commentaires [de M. Hunt] touchent au cœur des préjugés contre les femmes dans la science : l’idée que nous ne pouvons pas être des candidates sérieuses parce que nous sommes trop émotionnelles et, pire, que nous distrayons les hommes de leurs recherches par notre attrait sexuel»,  regrette Dorothy Bishop, professeur de neuropsychologie du développement à l’Université d’Oxford.