Une journaliste irakienne enlevée à Bagdad par des hommes armés, RSF s'inquiète

- Avec AFP

Une journaliste irakienne enlevée à Bagdad par des hommes armés, RSF s'inquiète© Ahmed Saad Source: Reuters
Une journaliste a été enlevée près de Bagdad

Des hommes armés ont enlevé Afrah Shawqi, une journaliste irakienne, chez elle près de Bagdad. Le Premier ministre irakien a ordonné aux forces de sécurité de «faire le maximum pour la retrouver», alors que RSF exprime sa «vive inquiétude».

Une journaliste irakienne a été enlevée lundi 26 décembre chez elle à Bagdad par des hommes armés, ont annoncé mardi 27 décembre le Premier ministre irakien, qui a ordonné une enquête, et une organisation de défense des journalistes.

La journaliste, identifiée comme Afrah Shawqi par les autorités irakiennes, a collaboré par le passé avec le journal saoudien Asharq Al-Awsat et elle écrit pour de nombreux sites internet, dont Aklaam («Les plumes», en arabe). Lundi, elle avait d'ailleurs publié sur ce site irakien un cinglant article dans lequel elle s'en prenait aux bandes et groupes armés irakiens «qui agissent en toute impunité».

Afrah Shawqi «a été enlevée le lundi 26 décembre vers 22h (19h GMT). Huit hommes armés ont fait irruption chez elle à Saïdiya, au sud-ouest de Bagdad. Ils étaient habillés en civil et se sont fait ouvrir en se faisant passer pour des membres des forces de sécurité. «Ils ont ligoté son fils», a indiqué à l'AFP Ziad al-Ajili, de l'Observatoire irakien de la liberté de la presse.

«Ils ont dérobé des téléphones portables, des ordinateurs et de l'argent liquide puis ont enlevé Afrah et ont pris la fuite», a-t-il poursuivi. Ce récit a été confirmé par une source au sein du ministère de l'Intérieur qui a témoigné sous couvert d'anonymat.

Reporters sans frontières fait part de sa «vive inquiétude»

Afrah Shawqi, très impliquée dans la défense des droits des femmes irakiennes, travaille également au ministère irakien de la Culture. Le Premier ministre Haïder al-Abadi a condamné l'enlèvement de la journaliste et ordonné aux forces de sécurité de «faire le maximum pour la protéger, la retrouver et mettre la main sur le ou les groupes responsables de son kidnapping».

Virginie Dangles, rédactrice en chef à Reporters sans frontières (RSF), a fait part dans un communiqué de la «plus vive inquiétude» de l'ONG et a «fermement» condamné cet enlèvement. «Nous demandons au Premier ministre de tenir son engagement à tout mettre en œuvre pour retrouver Afrah Shawqi ainsi que les auteurs de son enlèvement», a-t-elle poursuivi.

L'Irak est, avec la Syrie voisine, l'Afghanistan et le Mexique, l'un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes. Sept d'entre eux y ont été tués en 2016, selon le bilan annuel de RSF.

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