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Enquête sur un scandale d’achat d’armes touchant l’entourage de Benjamin Netanyahou

David Shimron, avocat du Premier ministre israélien, est au cœur d’un scandale qui intéresse les autorités : une affaire de conflit d’intérêt concernant l’achat de sous-marins à un groupe industriel allemand.

L’affaire fait les gros titres de la presse israélienne depuis des jours. Et pour cause, l’un des principaux confidents, et accessoirement avocat de Benjamin Netanyahou, est au cœur d’un scandale de conflit d’intérêts qui a provoqué l'ouverture d'une enquête.

David Shimron se trouve être le représentant du géant industriel allemand ThyssenKrupp, qui produit notamment des sous-marins. Quand le Premier ministre fait le forcing pour que l’Etat hébreu s’en procure, les soupçons ne tardent pas à surgir. Mais il y a encore plus surprenant. Selon The Guardian, Benjamin Netanyahou est même allé contre l’avis de son propre ministère de la Défense.

Négation en bloc

Et malgré le lancement d'une enquête officielle, du côté des principaux intéressés, on dément. Le chef du gouvernement israélien et David Shimron répètent à l’envi qu’ils n’ont jamais abordé la question de la position de l’avocat durant les négociations.

Chez ThyssenKrupp, même son de cloche. Selon le groupe, il n’y a pas eu conflit d’intérêts.

Pourtant, le 23 novembre, la chaîne israélienne Channel 10 a rendu public un courriel prouvant que David Shimron avait utilisé sa relation privilégiée avec Benjamin Netanyahou pour faire du lobbying et faire aboutir la vente. Une information que l'avocat a, bien entendu, formellement démentie.  

Mais ce n’est pas le seul rebondissement que connaît cette affaire. Avriel Bar-Yosef, anciennement à la tête du Conseil national de sécurité, a été arrêté la semaine dernière après des accusations de corruption. Comme le rapporte The Guardian, plusieurs médias israéliens font état de nouveaux éléments ayant émergé de l’enquête et qui concerneraient David Shimron.

Volte-face du procureur général

La décision des autorités de mener l’enquête constitue un brusque changement de cap. La semaine dernière, Avichai Mandelblit, procureur général d'Israël, assurait que ce n’était pas nécessaire. Mais les nouvelles informations qui ont fait surface le 23 novembre ont poussé le magistrat à rencontrer plusieurs officiels sur le sujet. «A la fin des discussions, le procureur général a décidé d’ordonner une enquête par la police israélienne concernant les divers aspects de l’affaire», explique un communiqué du ministère de la Justice.

Benjamin Netanyahou se défend avec vigueur. Il maintient qu’il n’était pas au courant du fait que son avocat travaillait également pour ThyssenKrupp. Il a même défendu l’achat des sous-marins lors de la réunion hebdomadaire de son cabinet le 20 novembre : «Le principe qui me guide est clair : Israël doit pouvoir se défendre contre ses ennemis sur n’importe quel terrain.»

Avant de poursuivre : «La sécurité d’Israël passe par l'acquisition de sous-marins et le renouvellement de sa flotte. Ce sont des armes stratégiques qui assurent le futur et, je vous le dis, l’existence de l’Etat d’Israël pour les décennies qui viennent.»