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Excédés, les gardiens de prison britanniques se mettent en grève

A minuit, le 14 novembre, les gardiens de prisons britanniques ont décidé de cesser le travail pour dénoncer l'état de délabrement des établissements pénitentiaires du pays. La Haute Cour de Londres les enjoint à reprendre le travail.

Il n’y a pas qu’en France que les agents du système carcéral sont à bout. Une dizaine de milliers d'employés des prisons britanniques ont cessé le travail à minuit, le 14 novembre, pour protester contre l'état de «déliquescence» qui règne selon eux dans les prisons du pays, à l'appel de leur syndicat, le Prison Officers Association (POA).

Le mouvement a entraîné l'annulation d'audiences judiciaires, les accusés n'ayant pas pu être extraits de leurs cellules. En particulier, la Cour criminelle de l'Old Bailey à Londres a dû reporter au 16 novembre le deuxième jour du procès du meurtrier présumé de la députée Jo Cox, Thomas Mair.

Devant cette situation, la Haute Cour de Londres a enjoint le 15 novembre les gardiens de prison britanniques à mettre fin à leur grève de 24 heures. C’est le gouvernement qui a porté un recours en urgence après avoir dénoncé un mouvement qu'il a qualifié d'illégal.

«Cette action ne se justifie pas», a déclaré un porte-parole du ministère britannique de la Justice, affirmant que le gouvernement avait annoncé des renforts pour les prisons après des «discussions constructives avec le POA».

La ministre de la Justice, Liz Truss, a rappelé que le statut des gardiens de prison ne leur permettait pas de faire grève et a laissé planer des menaces de sanctions.

Bras de fer

Le POA, de son côté, affirme que les inquiétudes des gardiens de prison n'ont pas été entendues et que la situation devenait dangereuse à la fois pour le personnel et les détenus.

«Le POA a souligné sans discontinuer la dangerosité de l'état des prisons, avec une pénurie chronique de personnel [...] qui a pour conséquence une absence de sécurité, un manque de discipline et des prisonniers ayant pris le contrôle de certaines zones», écrit-il dans un communiqué.

Pour Joe Simpson, son secrétaire général adjoint, le niveau de violence, d’automutilation et de morts en garde à vue est «en hausse constante» et a atteint des niveaux «totalement inacceptables».

«Nous avons décidé que la seule manière d'obtenir que quelque chose soit fait était de protester et d'informer le public de ce qui se passe dans notre système de prisons», a-t-il ajouté.

Au début du mois, deux détenus, dont l'un était accusé de meurtre, s'étaient échappés de la prison de Pentonville, au nord de Londres, avant d'être rattrapés. Quelques semaines plus tôt, un détenu de 21 ans était mort après avoir été poignardé dans la même prison, lors d'une attaque qui a fait deux blessés.

Dans la nuit du 6 au 7 novembre, 200 détenus d'une prison anglaise se sont rebellés, contraignant les autorités à déployer des effectifs d'urgence. Pas moins de six heures ont été nécessaires pour rétablir l’ordre dans l'établissement.

Le Royaume-Uni comptait début novembre une population carcérale de quelque 85 000 détenus, selon des chiffres officiels.