L’arbre qui cache la forêt: Obama gesticule mais le Freedom Act conserve son pouvoir de surveillance

Le président américain Barack Obama Source: Reuters
Le président américain Barack Obama

Le président américain Barack Obama a promulgué le Freedom Act, qui prive la NSA d’un certain nombre d’instruments de surveillance généralisée. Mais le texte adopté ne réforme qu’un des nombreux programmes de sécurité nationale existants.

Le Sénat a voté à majorité de 67 contre 32 en faveur du projet de loi, en adoptant la même version du document après l’approbation par la Chambre de représentants le mois passé à une grande majorité.

Après l’adoption définitive du texte, Barack Obama a publié une déclaration affirmant que la nouvelle loi «renforcera les garde-fous contre les atteintes aux libertés civiles et relèvera la confiance du public» envers les programmes de sécurité nationale. Même si le président se veut rassurant, il a eu du mal à convaincre de nombreux experts.

Le Freedom Act : un changement symbolique mais inefficace

Les défenseurs des libertés civiles trouvent le Freedom Act peu convaincant, en particulier parce qu’il tend réformer seulement un des programmes de la NSA. Selon le caricaturiste, chroniqueur et écrivain Ted Rall, le Freedom Act est un pas symbolique dans une bonne direction mais il ne change presque rien en pratique. «La vaste majorité des programmes de la NSA n’a même pas été discutée dans les débats concernant le Freedom Act».

Ted Rall cite des programmes tels que «MYSTIC», qui enregistre et retient les conversations téléphoniques pendant au moins cinq ans, et «Gunfish»,  qui est utilisé pour obtenir des données depuis des caméras sur les portables et les ordinateurs stationnés.

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Le fait que la NSA sera obligée de s’adresser à la juridiction instituée en vertu du Foreign Intelligence Surveillance Act (Cour FISA) pour obtenir le droit de collecter des données ne changera pas la situation. «Historiquement, la cour FISA approuve chaque demande d’autoriser une procédure de surveillance sur les habitants».

L’écrivain craint que la plupart des Américains, ayant regardé les titres de presse annonçant que le Freedom Act a été adopté et que la NSA  ne peut plus surveiller la population sans mandat judiciaire, passeront au sujet suivant et arrêteront de penser que leur vie privée est bafouée par les services secrets. «Mais ce n’est pas le cas», maintient Ted Rall.

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