Une comédie allemande s'attaque à la crise des réfugiés : pas mal à défaut d'être génial

Une comédie allemande s'attaque à la crise des réfugiés : pas mal à défaut d'être génial© Capture d'écran Filmstarts.de

Le film «Willkommen bei den Hartmanns», Bienvenue chez les Hartmann en français, essaie de traiter avec humour le sujet délicat de la crise migratoire en Allemagne et la façon dont les Allemands accueillent les migrants. Pas vraiment évident.

La crise des réfugiés a peut-être divisé l'Allemagne et semé la discorde dans les ménages, mais elle pourrait finalement aider le pays à être plus à l'aise avec sa nouvelle identité libérale.

C'est le genre de thèse optimiste que semble proposer la première comédie qui se trame sur le thème des réfugiés. 

Willkommen bei den Hartmanns, ou Bienvenue chez les Hartmann, dans lequel on retrouve certaines des plus grandes stars du grand écran d’outre-Rhin sortira dans les salles sombres le 3 novembre. Le film raconte l'histoire de Diallo, un demandeur d'asile nigérian qui est accueilli par une famille d'un quartier chic de Munich après que la mère, une directrice à la retraite prénommée Angelika, se rend dans un centre d’accueil local où elle est prise de compassion pour les réfugiés. 

L'arrivée du nouveau venu déclenche une série de drames domestiques : la crise de la fin de vie de Richard, le père, la vie amoureuse de sa fille Sophie, son épuisement professionnel et les mauvaises notes de son petit-fils. Toutes se péripéties de la vie finiront pas se résoudre dans une final enlevé composé d'affrontements entre les citoyens patriotes de Pegida d’un côté et de l'autres, les militants de gauche pro-réfugiés.

Une comédie qui pourrait être brillante, mais qui est seulement «pas mal»

Les critiques du film ont été mitigées. Car même si le réalisateur a commencé à développer son scénario avant la mise en œuvre de la politique de la «porte-ouverte» d'Angela Merkel et tente de rester impartial dans l'élaboration du caractère de ses personnages, certains critiques, comme celui du quotidien britannique The Guardian, y voient des absurdités et des énormités.

Par exemple, lorsque les retraités bénévoles du centre d'accueil pour réfugiés de Munich se livrent à une absurde remise en cause de leur volontariat, chacun se battant pour «[ses] propres réfugiés». Ou encore, lorsqu'un demandeur d'asile auditionné par les Hartmann prétend être un mineur sans famille, alors qu'on lui donnerait facilement la quarantaine.

Et à la fin du film, encore, lorsqu'on apprend que l'un des anciens colocataires de Diallo au refuge n'est ni plus ni moins qu'un sympathisant de Daesh.

Ainsi, tout en louant les bonnes intentions du film, Moritz von Uslar dans l'hebdomadaire Die Zeit déplore par son manque d’originalité et son message simpliste : «Un sujet comme celui-ci, qui croque notre société par ses aspects les plus vulnérables, les plus névrosés et les plus délicats, ne devrait-il pas être brillant, sauvage, provocateur et politiquement incorrect dans le bon sens du terme, plutôt que d’être seulement "pas mal" ?», relève-t-il visiblement déçu. 

Si la comédie ne semble pas faire l'unanimité, c'est vraisemblablement dû au fait que le sujet, ô combien délicat de la crise migratoire et de l'arrivée de plus d'un million de réfugiés en Allemagne depuis le début de l'année 2015, a jusqu'à présent principalement inspiré des films de nature plus sombre.

En février, un épisode de la célèbre série criminelle Tatort diffusée sur la chaîne de télévision ARD était articulé autour de la mort d'un groupe de migrants, étouffés à l'arrière d'un camion. Référence à$ une tragédie qui s'est effectivement produite une autoroute autrichienne en 2015. 

Au début de l’année 2016, le documentaire Fire at Sea de Gianfranco Rosi, observant la crise des réfugiés par le prisme du regard des habitants de Lampedusa, a remporté le premier prix des Berlinales, le festival du film qui se déroule chaque année dans la capitale allemande. 

«Mais Willkommen bei den Hartmanns», c'est une fin optimiste pour un film optimiste : deux semaines avant la sortie du film, Angela Merkel a rencontré le président nigérian, Muhammadu Buhari, pour discuter de la façon dont les demandeurs d'asile de ce pays d'Afrique qui ont été déboutés pourront être rapatriés plus rapidement dans leur pays d'origine.

Le taux d'approbation des demandeurs d'asile nigériens en Allemagne se situe actuellement à environ 8%.

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